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Il y a une inadéquation entre les initiatives des Organisations de la Société civile (Osc) pour la qualification des jeunes hors du système formel et les besoins prioritaires de l’Economie nationale. C’est ce que révèle la cartographie réalisée par la Cosydep en partenariat avec l’Unesco sur les initiatives de la Société civile en faveur de la qualification des jeunes analphabètes, non scolarisés et déscolarisés. Lors de l’atelier de validation de ce rapport, des recommandations ont été formulées afin d’augmenter l’efficacité et l’efficience des interventions.

Des efforts doivent être faits pour réussir l’adéquation des formations dispensées à l’initiative des Organisations de la Société civile (Osc) et les domaines prioritaires de l’Economie nationale. C’est ce que montre l’analyse de la pertinence des initiatives des Osc en faveur de la qualification des jeunes non-scolarisés, déscolarisés et analphabètes par rapport au marché de l’emploi. La cartographie réalisée par la Cosydep, en partenariat avec l’Unesco sur les initiatives de la Société civile dans le domaine de la formation, renseigne que ce sont les filières classiques qui dominent. Il s’agit de l’agriculture, l’habillement, la mécanique, la restauration et l’hôtellerie. Présentant cette étude, Moussa Mbaye, Président du conseil d’administration (Pca) de la Cosydep, attire l’attention sur l’absence de «correspondance de ces initiatives avec les filières où l’Etat voudrait porter le plus d’insertions et de recrutements». Selon M. Mbaye, il y a une cohérence à bâtir entre les besoins et l’offre de ces initiatives de formation des Osc.
Analysant cette situation, le Pca de la Cosydep estime que ces offres «sont plus en lien avec une demande locale qu’avec les besoins prioritaires de l’Economie nationale». Ces domaines prioritaires de l’économie sont entre autres l’agriculture, l’agroalimentaire, l’aviculture, l’environnement, l’industrie, l’assemblage, la transformation, le secteur des infrastructures, des transports et le numérique. Par ailleurs, le document révèle que contrairement au taux d’insertion qui est faible, le taux de réussite aux examens et concours est de 63%. Et celui de l’accompagnement et suivi des jeunes formés 80%, 43% pour la certification professionnelle. On note également que «le secteur informel reste le plus grand pourvoyeur d’emplois pour les catégories professionnelles répertoriées». Concernant le financement de ces initiatives, les auteurs de l’étude relèvent «une faible implication des banques». L’étude montre également que c’est la région de Matam qui reçoit plus d’appuis financiers grâce à sa diaspora.

Recommandations
Après le partage des résultats du rapport, des recommandations ont été faites. Ainsi, il est conseillé de «mettre en place une plateforme de tous les intervenants de la Société civile pour une meilleure harmonisation de la vision des stratégies». Ce, en vue d’augmenter l’efficacité et l’efficience des interventions. Pour favoriser l’alignement de l’apprentissage traditionnel rénové sur les besoins prioritaires de l’Economie nationale, les auteurs de l’étude estiment qu’il faut «combler les insuffisances de formation des formateurs». De même, il est demandé la mise en place d’un «système fiable et régulièrement mis à jour d’informations sur les besoins prioritaires de l’économie». A l’Etat, il lui est aussi demandé de «créer un fonds pour appuyer la Société civile même s’il faut un appel d’offres pour y accéder». Une recommandation sur laquelle semble être d’accord le représentant du ministre de l’Education nationale à cette rencontre. D’après Sidi Samb, il faut que «l’Etat arrête de financer et d’être aussi opérateur». M. Samb souhaite qu’une «partie des fonds aille directement vers les Ong qui connaissent la cible». «Si on veut vraiment de l’efficience pour le financement, il faut un changement de paradigmes», a-t-il dit. Le représentant du ministre de l’Education nationale a par ailleurs insisté sur la synergie d’actions dans ce domaine. «Que tous les intervenants agissent auprès des citoyens sénégalais pour qu’il y ait non seulement les compétences instrumentales mais aussi une qualification pour une insertion et une auto-insertion», a-t-il plaidé.
dkane@lequotidien.sn

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