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La question de l’éducation n’est pas encore réglée dans les pays à revenu faible. Dans un rapport de la Banque mondiale, on informe que ces pays font face à une crise de l’apprentissage qui fait courir à des millions de jeunes, le risque de rater des opportunités.

Dans un rapport, la Banque mondiale met en garde contre la crise de l’apprentissage. Dans ce document rendu public, on informe que «dans les pays à revenu faible et intermédiaire, des millions de jeunes élèves courent le risque de rater des opportunités et de percevoir de bas salaires plus tard dans la vie parce que leurs écoles primaires et secondaires ne parviennent pas à leur donner l’éducation dont ils ont besoin pour réussir». Dans ce rapport intitulé «Apprendre pour réaliser la promesse de l’éducation», la Banque mondiale «soutient que sans apprentissage, la scolarisation n’est pas seulement une occasion manquée, elle est également une grosse injustice pour les enfants et les jeunes du monde entier». Pour les auteurs de ce document, «sans apprentissage, l’éducation ne pourra pas réaliser sa promesse d’élimination de la pauvreté et de promotion des mêmes chances et d’une prospérité partagée pour tous». Ce rapport révèle que «même après avoir passé plusieurs années sur les bancs de l’école, des millions d’enfants ne peuvent ni lire, ni écrire, ni effectuer des opérations de mathématiques élémentaires». Cette situation fait dire à ces experts que «cette crise de l’apprentissage élargit les disparités sociales au lieu de les rétrécir». «Les jeunes élèves déjà défavorisés par la pauvreté, les conflits, leur genre ou un handicap entrent dans la vie adulte sans avoir acquis au minimum les compétences de base», a-t-on fait savoir. Exemple à l’appui, les auteurs du rapport soulignent que « lorsqu’on a demandé récemment à des élèves de troisième année du primaire au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda de lire en anglais ou en swahili une phrase du genre ‘’le nom du chien est Fido’’, trois quarts n’ont pas compris ce que cela voulait dire». C’est la même chose qui a été aussi constatée dans d’autres pays. «Dans les campagnes indiennes, près de trois quarts des élèves de troisième année du primaire n’ont pas pu faire une opération de soustraction à deux chiffres comme dans ‘’46 – 17’’ », a-t-on expliqué. Montrant la gravité de la situation, le rapport renseigne que «que ces chiffres ne tiennent pas compte des 260 millions d’enfants qui, du fait de conflits, de discriminations, de handicaps et d’autres obstacles, ne sont inscrits ni dans le primaire ni dans le secondaire». D’après la Banque mondiale, «bien que tous les pays en développement n’affichent pas des résultats aussi déprimants, beaucoup sont largement à la traine de ce qu’ils ambitionnent».

Des mesures concrètes pour résoudre cette crise
Pour aider les pays en développement à résoudre cette terrible crise de l’apprentissage, la Banque mondiale recommande des mesures concrètes. Ainsi, il est préconisé de renforcer «les évaluations des acquis scolaires en s’appuyant sur les données concernant ce qui marche et ce qui ne marche pas pour orienter les décisions dans le domaine de l’éducation». Il est aussi demander d’impulser «une forte dynamique sociale dans le but de susciter une réforme visant à mettre l’objectif «d’apprentissage pour tous» au centre de l’éducation». Dans le rapport on soutient que lorsque «l’apprentissage pour tous devient une priorité pour les pays et leurs dirigeants, on peut améliorer considérablement les normes en matière d’éducation». Selon l’économiste en chef de la Banque mondiale, Paul Romer, «le seul moyen de faire des progrès est de rechercher la vérité à partir des faits». «Si nous nous y employons, nous trouverons que les faits concernant l’éducation révèlent une triste réalité. Pour un trop grand nombre d’enfants, scolarisation n’est pas synonyme d’apprentissage», a-t-il déclaré. Analysant la situation, le directeur principal de l’éducation de la Banque mondiale, Jaime Saavedra, estime pour sa part que «les pays en développement sont loin du niveau auquel ils devraient se trouver en matière d’apprentissage». «Beaucoup n’y consacrent pas suffisamment de moyens financiers, et la majeure partie doit investir plus efficacement. Mais il ne s’agit pas simplement d’argent : les pays doivent aussi investir dans les capacités des institutions et des individus chargés d’éduquer nos enfants», a-t-il affirmé. Pour lui, «une réforme de l’éducation est nécessaire d’urgence et demande de la persévérance et un alignement politique de la part des pouvoirs publics, des médias, des entrepreneurs, des enseignants, des parents et des élèves».
dkane@lequotidien.sn

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