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Avec peu de moyens, on peut réaliser de grandes choses. Un dicton que Adja Bintou Thiaw et Mouhamadou Bara Niang ont fini de mettre en œuvre. Tous les deux ont créé chacun un daara moderne recevant 1 500 pensionnaires. Des pensionnaires qui mémorisent le Coran au bout de 4 années d’études. Ils apprennent aussi les sciences de la Charia et le français. Un modèle d’éducation en phase avec les orientations du ministre de l’Education nationale et les croyances et valeurs. Visite au cœur de ces daaras dits modernes.

Le daara Aïcha Oumoul Mouninin n’a rien à envier aux établissements scolaires publics ou privés. Niché dans le populeux quartier de Grand-Yoff à quelque 500 mètres de l’hôpital général Grand Yoff ex-Cto, le daara des jeunes filles offre des conditions d’études optimales. Ce sont deux imposants bâtiments R+3 peints en blanc et vert qui se dressent sur cette vaste étendue. Ici, on dispense un enseignement arabo-musulman et le français, du préscolaire à la classe de Terminale. Un daara moderne avec toutes les commodités, une cuisine, des dortoirs, une pharmacie, des salles de classe, des bureaux pour le personnel administratif, un personnel de service, cuisinières, lingères, le personnel de nettoiement.  Rien à voir avec l’image que les Sénégalais ont des daaras insalubres qui pullulent dans la capitale.
D’ailleurs, c’est pour encourager ce genre d’initiatives que l’établissement a reçu hier la visite du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam. Ce n’est pas la seule raison. Cette visite entre dans le cadre d’une prospection des daaras modernes en vue de les soutenir. Puisque le gouvernement a pris une option au lendemain des Assises de l’éducation et de la formation. Il a décidé d’intégrer l’enseignement arabo-religieux dans le système éducatif sénégalais. Désormais, l’Etat va accompagner les daaras modernes dans leur fonctionnement. Il prévoit à cet effet le recrutement de personnels, une subvention avec l’adoption des textes qui permettra la mise en œuvre de cette volonté. C’est là une façon pour le gouvernement, indique le ministre de l’Education, d’être juste avec tous les enfants du pays en ce qui concerne l’éducation. Pour Serigne Mbaye Thiam, «l’Etat a l’obligation d’assurer une éducation pour les enfants, aussi bien pour ceux qui sont dans les écoles classiques que ceux qui ont opté pour un enseignement arabo-religieux».

1 500 jeunes filles encadrées par des enseignantes
Très satisfait des conditions et du modèle d’enseignement de ce daara, le ministre dira que celui-ci est en phase avec les orientations de son ministère. L’établissement est un internat, mais il y a une option pour l’externat. Il accueille exclusivement des jeunes filles (1 500 pensionnaires). Après le préscolaire, les petites filles sont prises en charge par un personnel enseignant, composé essentiellement de femmes, toutes d’anciennes élèves du daara, créé en 1996 par Adja Bintou Thiaw aux Parcelles Assainies Unité 22, d’après les explications de Rokhaya Guèye, enseignante.
La premier objectif du daara, c’est de faire mémoriser le Saint Coran aux filles sorties fraîchement du préscolaire. Au bout de quatre années d’études, elles maîtrisent le Coran et acquièrent le titre de «Sokhna». Elles entament par la suite l’apprentissage du français. Après trois années d’études du curriculum français, elles se présentent au Cfee.
Le daara connaît des résultats très satisfaisants au Cfee et au Bfem. Et cette année, pour la première fois, il va présenter des candidates au Baccalauréat général. Le daara a connu la gloire avec Sokhna Ndombo Sène qui a remporté en 2014 la 3ème place du Concours international de récital de Coran, organisé en Malaisie, avec la participation d’une centaine de pays musulmans.

Des pensionnaires entièrement pris en charge
Cette «belle» initiative, on la retrouve également à Boune, un village situé près de la forêt classée de Mbao. Il s’agit du daara Tafsir Sakhir Lô, créé en 1995. La visite des locaux de cet établissement a permis à la délégation du ministère de l’Education nationale de constater également des conditions d’études acceptables. «Les apprenants ne mendient pas. Ils sont entièrement pris en charge par l’institut», révèle le directeur-fondateur Mouhamadou Bara Niang.Ce daara est mixte. Il accueille des filles et des garçons (1 500 apprenants) et s’est inspiré du modèle d’enseignement de Coki, puisque ses fondateurs sont des anciens pensionnaires de ce daara très connu. L’institut Tafsir Sakhir Lô promeut l’éducation islamique auprès des jeunes musulmans. Récemment, il a introduit l’enseignement du français. Il est bâti sur une superficie de 2 925 m2 avec une mosquée, une cuisine moderne et une infirmerie. L’institut fonctionne sur fonds propres, cotisations des parents d’élèves et les contributions de quelques donateurs nationaux, d’après le directeur-fondateur. Pour des ressources additionnelles, la direction de l’école a mis sur place une boulangerie commerciale.
Tout de même, des difficultés ne manquent pas dans les deux daaras visités. Les responsables ont demandé au ministre de l’Education nationale un soutien et un appui, notamment sur des projets d’avenir, d’extension de locaux, de nouveaux sites, de manuels scolaires arabes et français, entre autres doléances.

ndieng@lequotidien.sn

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