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L’école risque de renouer avec les perturbations dans les prochains jours. Le Grand cadre, dirigé par Oumar Wally Zoumarou, qui dénonce le non-respect des accords du 17 février 2014 et du 30 avril 2018, a déposé un préavis de grève dont il n’attendra pas l’expiration pour bouder les classes.

Le Grand cadre des syndicats d’enseignants, dirigé par Oumar Wally Zoumarou, va se mettre en ordre de bataille pour exiger du gouvernement le respect des accords. Les membres de cette organisation, qui disent avoir constaté des manquements dans la prise en charge de leurs préoccupations, ont déposé un préavis de grève. Estimant que le gouvernement a été le premier à violer les accords signés avec les syndicats d’enseignants, M. Zoumaro a informé à la presse qu’ils ne vont pas attendre l’expiration du préavis pour aller en grève, si les autorités ne réagissent pas rapidement. «Nous allons prendre nos responsabilités conformément à la décision de la base pour que dans les prochains jours, si le gouvernement ne réagit pas, si l’indemnité de logement n’est pas visible dans nos salaires, ce sera le début des troubles de l’année scolaire 2018-2019», a-t-il menacé. Cette organisation qui regroupe le Sels/originel, Cdefs, Une, Sdea, Ois, Opes, Odes/A renseigne que c’est «le statu quo dans le respect des engagements pris par les autorités». D’après son coordonnateur, «le gouvernement, non seulement n’a pas respecté ses engagements, mais depuis quelque temps», se livre «à une campagne de saupoudrage orchestrée par le ministre de tutelle et beaucoup de satellites du système éducatif». Ces derniers, souligne-t-il, «ont tendance à faire croire que tout est rose dans le système éducatif et les enseignants n’ont pas de raison de bouger cette année». Ce qui, d’après le syndicaliste, est «totalement faux». A en croire M. Zoumarou, «les enseignants ne sont pas encore sortis du tunnel parce que les points d’accord ne sont pas pris en charge de manière effective et efficiente, pouvant permettre d’améliorer les conditions de vie et de travail». Selon le secrétaire général du Sels/A, il n’y a que «l’indemnité de logement qui a été abordée». Pour les autres, fustige-t-il, «la volonté du gouvernement d’y apporter des réponses» n’a pas été sentie. C’est aussi le constat fait par les syndicalistes pour ce qui est du «crédit Dmc». Les membres du Grand cadre accusent le gouvernement de vouloir les «mettre en mal avec les populations» en faisant «semblant de payer». Alors que, dénonce M. Zoumarou, «avec tout ce qui a été promis par le Premier ministre, nous sommes au regret de constater que c’est une infime partie des enseignants qui a la possibilité d’en bénéficier». La colère des syndicalistes est accentuée par la lancinante question des lenteurs administratives. Abordant ce point, le coordonnateur du Grand cadre informe qu’au niveau du «ministère de la Fonction publique, depuis 5 à 6 mois, les actes ne sont plus signés». «Mme le ministre passe beaucoup plus de temps à battre campagne qu’à régler les problèmes des travailleurs. Nous exigeons la fin de ces lenteurs. On ne peut pas plomber la carrière des gens du simple fait de la volonté d’une personne qui est payée pour s’occuper de ces tâches. Nous en appelons à la responsabilité du président de la République et aussi de Mme le ministre de la Fonction publique», a-t-il attaqué. Concernant ce point, les syndicalistes soulignent que pour les rappels d’intégration, 6 480 agents ont été payés, les actes de validation il y en a eu 1 824, et pour ce qui est des avancements, c’est 7 390. Tout en soulignant qu’aucun «acte n’a été signé depuis le mois d’avril par le ministre de la Fonction publique», ils n’ont pas apporté de réponse concernant le stock d’actes d’avancement, de validation pas encore signés ou d’agents pas encore payés pour ce qui est des rappels.
Par ailleurs, le Grand cadre a exigé «le respect du principe de la gestion démocratique des personnels du secteur de l’éducation». D’après Oumar Wally Zoumarou, il a été constaté que des enseignants sont agressés. Cette situation est due, selon lui, au fait «que le ministre de l’Education en personne ne donne pas à l’enseignant son véritable statut et tout le respect qu’il mérite».
dkane@lequotidien.sn

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