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Le respect des accords passés ainsi que la dégradation de la situation sociale et professionnelle des enseignants sont, parmi d’autres, les motifs invoqués pour appeler à ce débrayage de deux jours de la part de ces syndicats d’enseignants.

Après le Sels, c’est au tour de la Fédération des syndicats d’enseignants (Feder) de déclarer la guerre à l’Etat du Sénégal. Pour réclamer le respect des accords signés en 2014 avec les enseignants, cette structure regroupant une dizaine de syndicats a décidé de stopper les cours pendant deux jours. La Feder va donc en grève ce mardi et après-demain jeudi. L’information a été donnée hier au cours d’une conférence animée par son vice-coordonnateur, Mbaye Sarr, par ailleurs président du Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef). «Nous sommes obligés de réagir par un premier plan d’actions, dont la première phase a connu un succès dans beaucoup de localités. Demain mardi 19 décembre (Ndlr Aujourd’hui) et jeudi 21 décembre (après-demain) par une grève totale sur l’étendue du territoire national, du préscolaire au moyen-secondaire, en passant par l’élémentaire. Nous invitons tous les enseignants à observer ce mot d’ordre de grève», a indiqué Mbaye Sarr.
S’exprimant sur les ponctions sur les salaires des enseignants pour le mois de novembre, la Feder exige «le remboursement des sommes injustement ponctionnées» avant de brandir une menace consistant «à dire que tous les travailleurs vont rejoindre le mouvement pour en découdre avec l’Etat si d’autres ponctions sont notées sur les salaires de décembre». Récla­mant «un recrutement conséquent d’enseignants pour pallier le déficit énorme aussi bien au préscolaire, à l’élémentaire que dans le moyen-secondaire», Mbaye Sarr et ses camarades dénoncent «le caractère nébuleux et antidémocratique avec lequel les inspecteurs de l’éducation sont nommés Ief, chef de circonscription départementale». Ce qui, selon eux, «a installé le malaise et la suspicion dans le système éducatif».
Cela a contribué, à les en croire, à démotiver les inspecteurs de l’éducation et impacté sérieusement les résultats du Cfee et du Bac en passant par le Bfem «qui ont connu une baisse».
«Le Cfee est passé de 58,3% en 2015-2016 à 56,7% en 2016-2017. Le Bfem, de 51,8% en 2015-2016 a baissé de 45,1% en 2016-2017. Le Bac de 36,7% en 2015-2016 est passé de 31,6% en 2016-2017.», constate le vice-coordonnateur de la Feder. Des résultats qui «prouvent l’échec du ministre de l’Education Serigne Mbaye Thiam dans la mise en œuvre de la politique éducative du pays. C’est un amateur. Et il est appelé à diriger des professionnels» est la pique lancée au ministre de l’Education par Mbaye Sarr. Qui prévient que «si l’on n’y prend garde, d’année en année, les résultats vont continuer à dégringoler et à ce rythme, notre pays n’atteindra jamais les Objectifs du millénaire pour le développement».
M. Sarr ajoutera : «A ce titre, nous ne voudrions pas qu’à l’heure du bilan l’on tienne les syndicats pour responsables de cet éventuel échec». Il exige que l‘on rétablisse dans leurs droits deux professeurs du Lycée Kennedy dont les salaires sont coupés depuis cinq ans par le ministre de l’Education nationale. Des instructions données par le Premier ministre et qui tardent à être mises à exécution par le ministre de l’Education qui, selon Mbaye Sarr, «veut voir ces enseignants venir faire des courbettes pour lui présenter leurs excuses». Il s’offusque : «Le ministre de l’Education veut prendre les enseignants pour des objets comptants (sic ! Ndlr). Trop c’est trop. Il faut que l‘on donne aux enseignants la dignité qu’ils méritent.»
ambodji@lequotidien.sn

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