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En recevant le G6 vendredi, le président de la République a décroché la levée du mot d’ordre de grève de collectif des syndicats d’enseignants. Mais à 2 mois de la fin de l’année scolaire, comment rattraper 3 mois de grève ?

L’année blanche frappait à la porte du système éducatif. Mais il aura suffi d’une promesse pour sauver l’année scolaire. Celle du président de la République de porter l’indemnité de logement des enseignants de 60 000 à 100 000 francs Cfa à partir de janvier 2020. Résultats : le G6 a décidé de lever son mot d’ordre de grève pour retourner en classe. Un ouf de soulagement pour les parents d’élèves, mais surtout pour les élèves qui déversaient leur courroux dans les rues depuis quelques jours pour réclamer la reprise des cours.

Promesses assujetties à un second mandat
Point nodal des revendications du G6, cette revalorisation de l’indemnité de logement des enseignants se fera par étapes évolutives : 15 000 francs Cfa de plus à partir du mois d’octobre prochain, 10 000 francs en janvier 2019 et 15 000 francs en janvier 2020. Pour une Prési­dentielle qui s’annonce pour février 2019, le Président Sall semble se complaire avec cette formule : «Votez pour moi et j’accéderai à vos revendications.»
Dans un communiqué, le gouvernement salue la démarche du président de la République. «Parce qu’il considère l’enseignant comme l’élément-clé de la qualité de l’éducation, le chef de l’Etat a donné des instructions au gouvernement de procéder à l’inscription progressive des ressources budgétaires nécessaires à la résorption des sommes dues aux enseignants depuis plus d’une décennie et qui sont relatives aux évolutions de leur carrière», déclare Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement.
De plus, souligne le communiqué, le chef de l’Etat a donné des instructions au Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, de «convoquer dans les meilleurs délais, une réunion entre le gouvernement et les partenaires sociaux en vue de procéder à la signature d’un protocole». Lequel dont le suivi de l’exécution sera assuré par le Premier ministre qui «en rendra compte périodiquement». Cet accord gouvernement-enseignants met fin à un bras de fer, long de plus de 3 mois. La semaine dernière, le ministre de l’Education nationale a créé la division chez les syndicalistes en annonçant que 4 des 6 avaient accepté de suspendre la grève.

3 mois de grève
Finalement, seuls le Sels et le Snelas/Fc décideront de retourner en classe. Le Saemss, le Cusems, l’Uden et le Sels/A s’étaient radicalisés en poursuivant leur plan d’actions. L’affront pour le gouvernement qui décide finalement de ponctionner les salaires des grévistes, de 85 000 à 150 000 francs. Si cela avait amené des enseignants à reconsidérer leurs positions, la paralysie du secteur éducatif s’intensifiait. Aujourd’hui, la question qui taraude l’esprit des potaches est celui du réaménagement du calendrier scolaire. Repoussées de juste quelques jours, les dates des examens et concours vont-elles pallier 3 mois de grève ? La psychose de la grève des enseignants dépassée, les élèves feront face à une autre, relative aux programmes non terminés.
bgdiop@lequotidien.sn

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