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C’est un constat fait depuis plusieurs années : il y a une désaffection des mathématiques et l’affaissement du niveau de français des élèves. Certains, à l’image du professeur Andrée Marie Diagne et Mame Fatou Ndoye Fall, essaient par contre de résoudre cette équation à second degré.

Mme Fatou Ndoye Fall, membre du Réseau des professeurs de français  pour l’éducation des filles en Afrique, cordonné par le professeur Andrée Marie Diagne, souligne «que l’importance du français et des mathématiques n’est plus à prouver» dans les enseignements. «Vous nous avez pu échanger avec quelques jeunes lycéens pour leur faire comprendre qu’ils sont acteurs c’est-à-dire qu’ils doivent participer à leur formation. Nous les amenons à comprendre que quel que soit son projet de vie, quel que soit son métier, on est obligé de communiquer. Communiquer ça veut dire utiliser une langue qui est le français. Il faut qu’on arrive à pouvoir s’exprimer correctement. Dans l’enseignement supérieur, le français revient en force. C’est une discipline transversale», a soutenu Mme Fatou Ndoye Fall au moment où l’on note que de plus en plus d’élèves se désintéressent de la lecture en misant sur les technologies de l’information et de communication comme outil de recherche.  La maîtrise de la langue française permet aux mathématiciens  et au corps professoral de pouvoir expliquer leur matière. «C’est une interdisciplinarité. Si nous voulons être compétitifs dans un monde de globalisation, si on veut que nos enfants puissent répondre aux rendez-vous du donné et du recevoir, il faudra qu’on atteigne avec eux la qualité. Pour être des leaders de demain», argumente celle qui s’active pour la promotion de l’enseignement des jeunes filles.
Reconnaissant que les Sénégalais rencontrent des difficultés «à s’exprimer à l’oral en français tout en parvenant à bien écrire la langue», Mme Fatou Ndoye Fall conseille aux élèves de ne pas «penser en français, de ne pas se prendre comme de jeunes français en reléguant au second plan leur langue maternelle». Elle dit : «Pour maitriser le français, il faut le parler. Mais,  il ne s’agit de sous estimer nos langues nationales. Il faut comprendre qu’à l’école, on besoin de la langue française pour véhiculer une culture.»
Professeur de mathématiques avec 20 ans d’expérience et servant au lycée de Ouakam, Ismaïla Mbodj dit avoir constaté «que les élèves n’aiment pas les mathématiques et le français». Que faire pour changer la donne ? «C’est aux professeurs de maths de vendre cette matière considérée comme abstraite par les apprenants. Un professeur de mathématiques doit savoir enseigner sa matière. Il doit savoir intéresser l’élève aux maths. Le professeur doit avoir une vue étendue de sa matière. Une vie étendue c’est quoi ? C’est savoir dire aux élèves comment faire les suites. Et que les suites, on les rencontre dans la gestion. Vraiment les faire comprendre l’importance de recevoir cet enseignement sur les suites», explique M. Mbodj qui  indique que «les professeurs gagneraient à parler de l’historique de la matière  par rapport à l’histoire universelle» pour mieux convaincre les élèves à s’intéresser aux mathématiques. «Ils auront une idée claire de ce qu’ils apprennent», souligne celui qui dit avoir constaté que la majorité des élèves ayant échoué à l’examen du Bac se sont retrouvés «avec de faibles notes en mathématiques». «C’est une base, c’est important d’étudier les mathématiques en séries littéraires», prévient-il. Des personnalités de la République comme le ministre Mary Teuw Niane ont été citées en exemple comme des scientifiques doublés de «bons littéraires».
 ambodji@lequotidien.sn

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