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Le ministre de l’Intérieur a signé mercredi un arrêté retirant la gestion du Groupe Yawuz Selim au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, qui gérait la structure depuis 1998. Dakar, saisie par Ankara pour la fermeture des 9 établissements que compte Yawuz Selim, a finalement décidé d’octroyer la gestion dudit groupe à une fondation du gouvernement turc. L’annonce a été faite par le ministre de l’Education hier à l’Assemblée nationale, assurant qu’il n’y aura pas de rupture concernant les cours.

Les pressions ont porté leurs fruits. A défaut de la fermeture, Ankara a obtenu de Dakar la gestion du groupe Yawuz Selim. L’établissement géré depuis 1998 par une association turque, proche du prédicateur Fethullah Gülen, ennemi juré du Président turc Recep Tayyip Erdogan, sera confié à une fondation gouvernementale. Cette décision prise par le gouvernement du Sénégal a été confirmée hier par le ministre de l’Education nationale lors du vote de son budget à l’As­semblée nationale. «Après plusieurs contacts, réunions et évalua­tions à tous les niveaux, l’Etat du Sénégal a décidé non pas de fermer les écoles Yawuz Selim, mais de retirer leur gestion de l’association internationale turque qui l’assurait depuis 1998. Le ministre de l’Intérieur a signé un arrêté en ce sens hier (mercredi)», a fait savoir Serigne Mbaye Thiam, interpellé par plusieurs députés sur cette question.
Avant de prendre cette décision, l’Etat a obtenu du gouvernement turc les garanties d’une non-perturbation des apprentissages au niveau de l’école. D’après Serigne Mbaye Thiam, «aucun emploi ne sera perdu». Ainsi, le ministre dit avoir rassuré les parents d’élèves et les travailleurs du groupe qui compte plus de 2 000 élèves et 249 enseignants. Il faut relever que depuis le coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier imputé à Fethullah Gülen, le gouvernement du Président Erdogan a opéré une chasse aux sorcières à l’égard des proches de l’opposant exilé aux Etats-Unis. Au Sénégal, le groupe Yawuz Selim passait aux yeux d’Ankara comme une source de financement des activités de Gülen. Aujourd’hui, on sait que la Turquie est un partenaire économique important pour le Sénégal. La réalisation par des entreprises turques du Centre de conférences Abdou Diouf de Diamniadio et les travaux d’achèvement de l’Aéroport international Blaise Diagne en sont une illustration.

«Le gouvernement ne fonctionne pas sur la base de pressions»
Alors le régime de Macky Sall aurait-il subi des pressions ? Visage renfrogné, Serigne Mbaye Thiam, interpellé à la fin de la séance, rectifie : «Il faut toujours faire confiance à ceux qui vous gouvernent. Le gouvernement peut avoir des informations que les gens n’ont pas. C’est sur la base de ces informations qu’on prend des décisions conformes à l’intérêt du pays. Le gouvernement ne fonctionne pas sur la base de pressions. On ne fait pas partie de ces pays qui ont décidé de fermer et de mettre les enfants dans la rue.» Par ailleurs, le budget 2017 du ministère de l’Education nationale a connu une hausse de 25 milliards 881 millions 24 mille francs Cfa (6,87% en valeur relative) passant à 402 milliards 790 millions 138 mille francs Cfa contre 376 milliards 909 millions 114 mille.
bgdiop@lequotidien.sn

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