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Le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet) a un sacré paquet de problèmes. Une étude de la section du Forum civil de Thiès, en partenariat avec le Labo­ratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes), basé à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), a démontré de manière concrète la baisse du niveau des élèves. À Thiès, sur 100 élèves, seuls 18 savent lire. L’en­quête a recommandé des pistes de solutions.

Après Dakar et Ziguinchor, Thiès est classée troisième parmi les mauvais élèves du système éducatif sénégalais. La révélation ressort d’une étude du programme Jangandoo, baromètre de la qualité des apprentissages au Sénégal. Lequel évalue de façon objective, indépendante et périodique les acquisitions fondamentales des enfants au Sénégal à travers le Laboratoire de recherche des transformations économiques et sociales (Lartes) de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), basé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en partenariat avec la section Thiès du Forum civil. A Thiès, le superviseur du Forum civil au niveau du département, Abdou Kane Mbodji, sur la base d’enquêtes menées au niveau des ménages, révèle que des élèves ont été testés et évalués pour voir leur niveau d’acquisition et de maîtrise des disciplines fondamentales. Il s’agit de la lecture, des mathématiques et de la culture générale. «Les résultats obtenus sont très faibles puisque seuls 18% des enfants scolarisés du département de Thiès ont réussi le test de lecture, 21% celui de mathématiques et 22% en culture générale.» M. Kane, à la faveur de la 3e édition de restitution des résultats de l’évaluation «Jan­gandoo 2016» dans le département de Thiès, tenue en présence de l’Inspecteur d’académie de Thiès et des acteurs de l’école du département, a expliqué qu’à Thiès, «l’enquête a été menée avec un questionnaire auprès des ménages, au niveau communautaire et des lieux d’apprentissage des enfants, suivant trois disciplines évaluées sur la lecture, les mathématiques, la culture générale, en plus de deux langues : le français et l’arabe. A l’échelle régionale, l’évaluation a été réalisée auprès de 913 ménages avec 1 438 enfants testés, tandis qu’au niveau départemental, 429 enfants ont subi le test sur un total de 317 ménages. Elle a porté sur une cible d’enfants âgés de 9 à 16 ans et résidant dans un ménage au moment de l’enquête». Des résultats qui ont démontré, selon le membre de la cellule communication du Forum civil de Thiès, que «les enfants des zones urbaines réalisent de meilleures performances, à l’instar de ceux des ménages dirigés par des femmes». Il révèle également que «les performances des élèves sont meilleures dans les ménages aisés et que les filles sont plus performantes que les garçons en mathématiques». Aussi, «les enfants des écoles privées récoltent par ailleurs de meilleurs résultats en français, tandis que les enfants au-dessus du niveau de la classe de Ce1 traînent encore des lacunes dans les trois disciplines fondamentales», précise Abdou Kane Mbodji qui ajoute que les tests ont aussi montré que «les enfants qui étaient suivis avaient de meilleurs résultats que ceux qui ne l’étaient pas». De même que «les conditions de vie des populations et du ménage influent soit positivement soit négativement sur la qualité de l’éducation au niveau de l’enfant». Dès lors, le superviseur du Forum civil dans le département de Thiès, dans le cadre de l’enquête, de recommander des solutions autour de «l’incitation des enfants à fréquenter les bibliothèques et centres de ressources, en stimulant leur goût pour la lecture, ainsi que l’amélioration du pilotage des structures scolaires pour les rendre plus attrayantes et propices à un apprentissage de qualité». M. Mbodji insiste : «Il faut que les collectivités locales puissent mettre la main à la patte en appuyant les comités de base pour que les enfants puissent être suivis à la maison. De même que les Asc doivent intervenir pour que des solutions urgentes soient apportées à la question de la lecture parce qu’elle est une matière transversale et fondamentale, elle doit donc être prise correctement en charge pour que les autres disciplines puissent avoir de meilleurs résultats.» L’étude Jangandoo 2016 a aussi suggéré «l’élargissement du réseau de l’éducation préscolaire en vue de le rendre accessible à tous et une meilleure structuration des offres d’enseignement telles que l’apprentissage dans les écoles coraniques». Lesquels établissements, estime le superviseur du programme Jangandoo au niveau du département de Thiès, sont considérés comme un maillon essentiel de l’éducation, surtout dans la ville religieuse de Tivaouane, avec 23% des enfants les fréquentant.
nfniang@lequotidien.sn

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