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L’année scolaire risque d’être mouvementée si les autorités n’adoptent pas la méthode fast track pour le respect du protocole d’accords signé avec les syndicats de l’enseignement. Plus d’un an après la signature du protocole d’accords, les syndicalistes du secteur éducatif déplorent toujours le non-respect d’une grande partie des engagements pris par le gouvernement.

Les élèves vont reprendre le chemin de l’école aujourd’hui, 48 heures après la rentrée des enseignants. Comme les années précédentes, le risque de perturbations plane encore sur cette année scolaire avec les accords qui, selon beaucoup de syndicats, ne sont toujours pas respectés. D’ailleurs le G20, une organisation qui regroupe les syndicats non-représentatifs, a annoncé la couleur. Les membres de cette organisation menacent de boycotter la rentrée pour non-effectivité de l’application du protocole d’accords de 2014. Un protocole d’accords revu et renégocié cette fois-ci avec le G7 (Groupe des syndicats les plus représentatifs) le 30 avril 2018. Seulement plus d’un an après, c’est toujours le statu quo. Lors de la reprise des réunions de monitoring vendredi dernier, Souleymane Diallo du Sels a rappelé au gouvernement les conditions d’avoir une année scolaire apaisée. Dans un article de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) sur cette réunion, le syndicaliste membre du G7 a déploré la non-tenue des réunions d’évaluation du protocole d’accords entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants depuis 9 mois. M. Diallo a par la même occasion appelé les autorités à respecter les engagements. Le G7 a souligné lors de cette rencontre que «ce sont des actes concrets» qui sont attendus du gouvernement. M. Diallo a fait savoir que les syndicalistes ne sont plus dans le temps de la négociation mais plutôt celui du monitoring et de l’action. C’est aussi l’avis de Saourou Sène du Saemss, qui soutient que le gouvernement doit être pragmatique. D’après le Secrétaire général du Saemss, si les autorités veulent régler ces questions seulement par «la magie du verbe», c’est certain que l’année scolaire sera perturbée.
Ces complaintes ne sont pas nouvelles dans le discours des secrétaires généraux des syndicats du secteur éducatif. La plupart d’entre eux constatent que les seuls acquis après les négociations d’avril 2018 restent l’augmentation de l’indemnité de logement et l’organisation des examens pour les passerelles professionnelles. Pour ce qui est des autres points à savoir la délivrance des actes, les lenteurs administratives, le paiement des rappels, la situation n’a pas beaucoup évolué. Saourou Sène ajoute à cela, l’iniquité dans le système de rémunération, mais aussi le système d’imposition jugé déplorable pour les agents ayant perçu leurs rappels. Ces questions sont donc celles sur lesquelles les autorités doivent se pencher. Les syndicats qui menacent d’aller en grève soutiennent que la prise en charge de ces questions est l’unique voie à emprunter pour assurer l’apaisement du climat dans le secteur de l’éducation. Le gouvernement a donc l’obligation d’adopter la méthode fast track pour régler définitivement ce problème.

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