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L’Inter-cadre des enseignants propose le prolongement des cours au-delà des deux semaines proposées par le ministre de l’Education pour rattraper les heures perdues.

L’année scolaire 2017-2018 peut être considérée à juste titre comme étant une des plus mouvementées de ces dernières années. Après presque quatre mois de grève, le quantum horaire a été sérieusement entamé. Dans la perspective de rattraper le temps perdu ou du moins, une partie des heures d’enseignement ou d’apprentissage perdues, suite à la suspension du mot d’ordre grève des enseignants, ces derniers s’attendaient à une convergence de tous les acteurs. «Malheureusement, nous sommes au regret de constater que le gouvernement n’a pas su saisir cette opportunité pour changer de posture. L’ostracisme, le louvoiement et la discrimination continuent d’être érigés en mode de gestion», s’est plaint hier Oumar Waly Zoumarou, coordonnateur de l’Inter-cadre qui regroupe l’Intersyndicale pour la défense de l’école et des enseignants (Idee), le Grand cadre, l’Union syndicale pour une éducation de qualité (Useq) et le Syndicat national de l’enseignement élémentaire (Sneel) en conférence de presse. Au lieu des deux semaines, Zoumarou propose plutôt le prolongement des cours jusqu’au 31 juillet alors que Ibra Diouf Niokhobaye, membre de l’Inter-cadre, propose le report total jusqu’en octobre et le paiement des heures supplémentaires puisque que le gouvernement a ponctionné les salaires durant les mois de grève.
Aussi, M. Zoumarou reproche au ministre de l’Education nationale et de l’apprentissage de gérer seul le système éducatif et de vassaliser le mouvement syndical enseignant. A en croire le syndicaliste, «les rares concertations entreprises sont effectuées avec un groupuscule de leaders syndicaux». Il en veut pour preuve le récent réaménagement du calendrier scolaire qui, selon lui, a été fait sans concertation avec les véritables acteurs.
Pour rappel, la plupart des examens de fin d’année, initialement prévus pour le début du mois courant, n’ont été décalés que de deux semaines. «Ce qui est insuffisant par rapport aux pertes horaires», juge le coordonnateur de l’Inter-cadre. Par ailleurs, cette organisation syndicale, qui a obtenu une augmentation de l’indemnité de logement, exige du gouvernement à être associée à toutes les activités qui concernent l’éducation et les enseignants. «Le nouvel avenant signé entre le gouvernement et quelques syndicats nous laisse perplexes notamment pour ce qui concerne les échéances. Le gouvernement nous a habitués au non-respect et à la remise en cause perpétuelle d’accords dûment signés», a déclaré M. Zoumarou. Il informe que l’Inter-cadre n’acceptera plus d’être mis à l’écart dans le chantier de la construction de l’école sénégalaise. «En tant qu’organisation légalement constituée, nous exigeons notre participation aux travaux de la Commission nationale de mutation des enseignants», clame encore le coordonnateur de l’Inter-cadre. En outre, Waly Zoumarou rappelle que l’ère de la participation responsable est révolue. «Nos organisations ne feront jamais de procuration pour la défense des intérêts matériels, moraux et professionnels de nos militants», fulmine-t-il. Il en rajoute : «Nous tiendrons le ministre de l’Education pour responsable de tous les troubles qui surviendraient dans les prochaines activités organisées par le ministère aussi bien au niveau central qu’au niveau déconcentré.»
ksonko@lequotidien.sn

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