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Pour Stephan Roken, ambassadeur de l’Allemagne au Sénégal, la promotion de la langue de Goethe est une «condition fondamentale», si le Sénégal veut nouer des relations fructueuses avec la première puissance économique de l’Union européenne (Ue). En guise de preuves, le diplomate vante le dynamisme des entreprises présentes partout dans le monde mais aussi la richesse allemande qui, selon lui, a atteint des performances dans de nombreux domaines.
En 2016, le ministère de l’Education nationale avait décidé supprimer les langues telles que l’allemand, le russe et l’italien dans le cycle moyen. Une ruée dans les brancards du monde éducatif avait amené le gouvernement à revenir sur cette mesure. «Le rôle est de faciliter le brassage et l’interconnexion des savoirs et de la compétence interculturelle», a rappelé hier Stephan Roken dans le cadre de la 2ème édition des journées pédagogiques de l’Association des professeurs d’allemand au Sénégal (Apas). D’ailleurs, le président de cette structure souligne que cette langue suscite un intérêt croissant chez les élèves et étudiants. «Ils sont 210 enseignants à enseigner l’allemand et près de 20 mille élèves et étudiants à l’apprendre. Ce nombre était de 15 mille en 2014», souligne Malick Ndao.

«Une bonne éducation ne dépend pas du nombre d’écoles et d’enseignants»
Important certes, l’allemand n’en est pas moins une priorité, laisse entendre le ministère de l’Education nationale. D’après Fatima Ba, directrice de l’Ensei­gnement moyen-secondaire général, «c’est le développement de l’enseignement des sciences et technologies». Mais elle s’empresse de préciser : «Cela n’empêche pas de comprendre que toutes les disciplines, qui sont promptes à développer des attitudes positives pouvant faciliter l’apprentissage des sciences et des technologies, sont très importantes.»
En outre, pendant deux jours, 9 ateliers seront organisés avec des échanges pédagogiques entre experts sénégalais et allemands. «Cela va offrir la possibilité à tous les professeurs de renforcer leurs capacités et d’être informés des dernières innovations en matière d’apprentissage de la langue allemande», note M. Ndao, précisant le thème : «Sur le chemin de la réussite, l’élève au cœur de l’apprentissage.»
Mais pour cela, l’ambassadeur de l’Allemagne a souligné les difficultés de l’éducation au Sénégal. «Une bonne éducation ne dépend pas du nombre d’écoles et d’enseignants mais avant tout de la façon dont les enseignements sont organisés. Il est important que la curiosité intellectuelle des enfants soit réveillée. C’est un grand défi, parce que nous connaissons les conditions très difficiles auxquelles vous êtes ici confrontés en tant qu’enseignants au Sénégal», dit Stephan Roken s’adressant à l’Apas.
bgdiop@lequotidien.sn

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