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Dans toutes les zones, le retour des enseignants dans leurs localités de service est attendu avec une certaine peur. A Kolda, ils sont 1949 à être éparpillés dans les différentes villes du pays dont le convoyage nécessite une énorme logistique.

Alors que la reprise des cours est prévue le 2 juin prochain, il y a au moins 1949 enseignants de Kolda qui sont hors de la région sans oublier les 70 élèves aussi qui sont présentement éparpillés dans d’autres zones. Mamadou Goudiaby, inspecteur d’Académie de Kolda, qui a fait face à la presse à l’issue d’un Comité régional de développement (Crd) consacré aux préparatifs de la reprise des cours après une pause de près de trois mois à cause du Corona­virus, attend impatiemment le retour de ces différents enseignants, dont la plupart ont été signalés entre les régions de Dakar et Thiès. «Ils seront incessamment de retour à Kolda», tente de rassurer Mamadou Goudiaby, qui n’ignore pas que cette opération demande une grosse logistique.
Cette assurance ne gagne pas le cœur des syndicats d’enseignement qui doutent fort de l’effectivité immédiate de leurs collègues et des potaches dans des conditions permettant d’assurer convenablement le travail dans leurs écoles et établissements respectifs à partir du 2 juin. Sans oublier le respect de certaines mesures pour réussir leur convoyage. «Je doute fort que ces enseignants et élèves hors de Kolda soient de retour à date échue, du fait que jusque-là certains n’arrivent pas à être dans les conditions de repérage en ligne pour défaut de réseau ou d’e-mail», alerte Wally Diatta, Secrétaire général local du Saems de Kolda. En écho, l’inspecteur d’Académie tente de lever les doutes en détaillant l’opération : «Ce sera un retour progressif qui va démarrer incessamment.» Quid de la sécurité sanitaire dans les écoles ? Mamadou Goudiaby se contente juste de rappeler les engagements pris par les partenaires et les collectivités locales pour assurer les opérations de nettoiement des établissements.
Et pourtant, ces collectivités locales ont émis des réserves quant à la disponibilité de certains produits d’hygiène lors de cette rencontre. De nombreux maires disent attendre de leurs fournisseurs les commandes pour satisfaire cette doléance alors que le travail de désinfection n’a pas encore démarré, d’autres édiles ont par contre commencé à honorer certaines de leurs promesses. C’est le cas de celui de Dinguiraye, situé dans le département de Médina Yoro Foulah, qui a déjà mis en place un stock de masques nécessaires, de gels et autres produits d’hygiène pour les écoles, enseignants et élèves.

26 mille candidats aux examens
En même temps, il y a aussi la question centrale de la pratique et du déroulement des enseignements-apprentissages avec la gestion des locaux dédiés au déroulement des cours. Que faire ? «Des pourparlers sont enclenchés avec les chefs d’établissement et autres partenaires pour voir la disponibilité de grandes salles à accueillir des cours, surtout pour les cours de philosophie où on note un nombre restreint de professeurs dans la région», annonce l’Ia. En réaction à cette suggestion, le Saems invite «l’Académie à utiliser le stade régional et son matériel de sonorisation». En attendant de trouver la meilleure option, les différentes parties annoncent qu’elles trouveront des solutions avant la date du 2 juin 2020 pour satisfaire les enseignants et les apprenants dans le respect de la distanciation sociale.
Par ailleurs, l’accès à l’eau est aussi un sérieux problème pour au moins quelque 200 écoles sur les 565 établissements, qui doivent rouvrir leurs portes la semaine prochaine. Malgré les promesses des collectivités locales et d’autres associations partenaires, la situation n’a guère évolué. «C’est aussi à ce niveau qu’on attend la forte mobilisation des communautés. Sans eau, il n’y aura pas de reprise», tranche M. Goudiaby.
A Kolda, certains chefs d’établissement et des parents ont évoqué la possibilité de tester le personnel enseignant, qui re­vient des zones infectées. Mais la réponse de l’inspecteur d’Acadé­mie est sans appel : «On va se conformer au protocole sanitaire national qui ne prévoit pas cette action, sous prétexte de favoriser une certaine stigmatisation.»
Il faut savoir que la région de Kolda compte au moins 26 mille candidats pour les différents examens de fin d’année scolaire.

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