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Pour le ministre de l’Education nationale, il est impensable de réviser le programme scolaire sénégalais. Mamadou Talla réagissait sur le débat autour de l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles sénégalaises.

Le ministre de l’Education nationale a réagi au débat autour de l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles sénégalaises, qui s’est installé au Sénégal depuis le séminaire autour du thème «L’édu­cation sexuelle et reproductive», organisé le 21 décembre 2020 à Saly par l’Unesco. «Il ne devrait pas y avoir de débat parce qu’il n’en est pas un. Le Sénégal décide sa politique éducative en tenant compte de nos réalités», dit Mamadou Talla qui se veut clair : «Je voudrais dire d’une manière claire et nette pour que tout le monde comprenne qu’aujourd’hui, au niveau du ministère de l’Education nationale, il n’y a pas de changement de curricula, pas de module, pas de réforme envisagée ni aujourd’hui ni demain. Que ça soit clair», note Talla. Très ferme, il enchaîne : «Nous, on s’en tient à ce qu’on fait au niveau des sciences de la vie et de la terre, de l’économie familiale et sociale, mais également de la division qui s’occupe du contrôle médical. Voilà cet accompagnement que nous sommes en train de faire dans la santé de la reproduction.» Il s’exprimait hier, à Thiès, en marge d’une visite à l’Institut national de l’éducation et de la formation des jeunes aveugles (Inefja). Mamadou Talla insiste : «Le Sénégal a ses réalités. Nous avons nos croyances religieuses, culturelles et cultuelles. On s’en tient donc à ce qui existe. Notre système est bon, il n’a pas besoin d’aller dans ces directions-là. D’ailleurs il n’a jamais été envisagé d’aller dans ces directions.» Alors qu’est-ce qui a suscité le débat ? «Un atelier a été tenu pour évaluer un projet qui existait depuis 2018 et qui se termine en 2021. Et tous ceux qui étaient là-bas le savent», évacue le ministre. Il fait la leçon : «On ne réforme pas comme ça des curricula. C’est peut-être ceux qui sont loin de l’école qui pensent à cela, mais il n’est pas du tout envisagé de revoir nos programmes. Il n’y a rien de nouveau, pas de module nouveau, pas de formation nouvelle, pas de révision de programme. On s’en tient à ce qu’on a toujours fait qui nous a donné de bons résultats depuis plus de 10 ans. Donc il n’y a rien qui change.» A ceux qui alimentent ce débat, Mamadou Talla répond : «Je ne sais pourquoi ils veulent aller dans toutes ces directions. Ce n’est pas en tout cas l’orientation qui est donnée. Ce n’est pas dans nos projets ni aujourd’hui ni demain. Il n’y a aucune modification dans la santé de la reproduction. Ce qui existait avant c’est ça qui existe. Il n’y a pas de nouvelles formations. Vraiment ceux qui ont voulu aller sur ce terrain ne savent pas ce qui se passe au niveau de l’éducation nationale. Ils ne savent pas c’est quoi un programme, comment l’installer, le modifier et amener de nouvelles choses.»
En effet, depuis le fameux séminaire de Saly, il y a une levée de boucliers contre «les propositions de l’Unesco qui ne riment pas avec nos valeurs et convictions». L’Ong Jamra et des syndicats, membres du G7, accusent l’Unesco d’avoir organisé la rencontre pour introduire «à l’école les questions liées à l’homosexualité». Les deux entités ont d’ailleurs montré leur rejet catégorique du module «sexualité» de l’Unesco qui promeut à leurs yeux «l’homosexualité à l’école». Ainsi, à travers un communiqué, les organisations syndicales considèrent que «c’est une farce qui continue. Parce qu’il y a deux ans, dans un hôtel sur la Vdn, un atelier a été organisé et à l’occasion duquel le même problème a été posé. On l’avait rejeté parce que si ça passe, ça va détruire nos valeurs», disent les syndicalistes qui annoncent «une tournée nationale d’information et de sensibilisation auprès des familles religieuses du pays, afin que toutes les populations du Sénégal soient en alerte au maximum contre toute tentative de brader nos valeurs ancestrales».

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