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La cérémonie de remise de fournitures scolaires aux élèves des 10 écoles élémentaires et 45 daaras de la commune de Niakhène a été l’occasion pour le maire Moustapha Sylla de faire un plaidoyer fort pour l’érection d’un lycée dans sa commune.

La commune de Niakhène, département de Tivaouane, a procédé hier à la remise de fournitures scolaires aux élèves des 10 écoles élémentaires et 45 daaras de la localité, dans le cadre du «Uby tay jang tay». Une occasion pour le maire de la commune, Moustapha Sylla, de lister les difficultés auxquelles elle est confrontée. Des difficultés liées au fort taux d’abandon des élèves qui, après le Bfem, ont du mal à poursuivre leurs études. La commune ne disposant pas de lycée, la seule solution qui s’offre à eux est d’aller dans les communes voisines dans l’espoir de trouver une famille d’accueil. Et même là, les conditions d’hébergement sont souvent des plus précaires voire même aléatoires du fait de la paupérisation dans laquelle se meuvent ces familles d’accueil. «Dans l’arrondissement de Niakhène, il n’y a qu’un seul lycée et il se trouve dans la commune de Thilmakha», renseigne le premier magistrat de la commune de Niakhène qui fera noter que «depuis des années on obtient de bons résultats, mais les élèves peinent à s’en sortir après le cycle élémentaire, car lorsqu’ils quittent la commune ils ne trouvent pas de tuteurs, et la suite c’est l’abandon». Pour dire l’urgente nécessité qu’il y a à doter la commune d’un lycée et permettre aux élèves de poursuivre leurs études. A ce titre, il informe : «Nous avons fait des demandes au niveau de l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Tivaouane et avons espoir que pour cette année il y aura l’ouverture de classes de seconde au niveau de la commune.» Déjà, signale-t-il, «nous avons deux salles de classe disponibles et l’effectif existe aussi». A cela s’ajoute la vétusté des infrastructures scolaires de la commune. «Nous avons des salles de classe qui sont délabrées. On a commencé à les remplacer dans le cadre du Budget d’investissement consolidé (Bic). Parmi les 10 écoles élémentaires, seules deux sont clôturées. La commune manque également de tables-bancs et d’enseignants», dit-il.
Malgré ces difficultés, la commune du président de la Commission des finances du Conseil départemental de Tivaouane fait des efforts «remarquables». «Les abris provisoires de la commune sont éliminés. Nous avons aujourd’hui assez de salles.» Mieux, poursuit l’expert-comptable, «depuis 2014, Niakhène fait partie des communes qui ont obtenu les meilleurs résultats au niveau de l’Ief de Tivaouane parce que depuis notre installation en juillet 2014, nous avons fait de l’éducation notre première priorité. C’est pourquoi nous dotons chaque année tous les élèves et les ndongos daaras qui ont été recensés dans la commune de fournitures scolaires en quantité suffisante et à temps réel, c’est-à-dire avant la rentrée scolaire». Pour lui, le concept «Uby tay diang tay», issu du Programme de l’amélioration de la qualité et de la transparence (Paquet), et conçu pour permettre aux élèves de démarrer les cours dès le premier jour de la rentrée scolaire, «est une réalité à Niakhène». Il dit : «A Niakhène, on l’avait démarré depuis 2014. Et c’est pour mettre en place les fournitures scolaires à temps pour permettre aux enseignants et aux élèves de démarrer les cours dès le premier jour de la rentrée». Sur le terrain également, le concept est matérialisé, renseigne l’élu qui indique que «nous avons mobilisé les Asc et les groupements de femmes pour faire des activités citoyennes. Et c’est d’aller désherber les écoles et nettoyer les salles de classe non seulement pour les écoles, mais pour les cimetières et les places publiques». A sa suite, l’Ief de Tivaouane, Amadou Dia, de rassurer que son département est en train de «prendre des mesures allant dans le sens d’affecter la commune de Niakhène des enseignants pour pouvoir démarrer les cours dès la rentrée». S’agissant des tables-bancs, M. Dia déclare que «nous attendons une dotation du ministère de l’Education nationale en tables-bancs, mais en attendant il y a des stratégies locales que nous pouvons mettre en œuvre pour récupérer les carcasses qui se trouvent dans nos écoles afin de les refaire». Il lance un appel aux autorités locales pour une prise en charge de cette question qui les interpellent. Concernant la création de salles de seconde, il dira que «nous avons fait le nécessaire et nous attendons la réponse du ministre de tutelle qui est le seul habilité à créer des classes de seconde ou des collèges. Mais nous sommes optimistes pensons qu’une réponse positive nous sera donnée».
nfniang@lequotidien.sn

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