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Frappé au cœur par le Covid-19, le monde a dû se réajuster pour faire face à la pandémie en renonçant aux libertés qui constituent l’essence même de son mode de vie. L’homme fut tout simplement prisonnier chez lui en 2020.

Le couvre-feu était inconnu aux générations qui n’ont pas vécu les tragiques évènements de 1988 et 1993. Jusqu’en 2020, quand il a fallu le décréter de façon brutale. Non pas pour rétablir l’ordre public perturbé comme à ces époques par des contestations post-électorales. Il a été imposé aux citoyens pour faire face à la survenue du coronavirus qui a poussé le monde à remodeler son fonctionnement.
Face à l’inconnu, plus du tiers de la population mondiale a été confiné. Soudaine­-ment, l’humanité, qui a vécu dans l’opulence et l’insouciance, s’est révélée être vulnérable. Il a fallu retourner à l’isolement, à la fermeture des frontières pour la protéger d’une menace et la propagation du Covid-19. L’homme fut alors prisonnier chez lui. Alors qu’il vit sur une planète dématérialisée, déterritorialisée et libérée de toutes contraintes.
Même s’il s’agissait d’un confinement partiel, il n’y a plus eu de rassemblements publics au Sénégal. Les rues sont quasiment désertes. Moins de circulation routière. Les déplacements incessants des voitures, des autobus ont diminué. Il n’y avait presque plus d’avions dans les airs. Les lieux de culte ont été fermés. Et le pays n’a jamais été aussi silencieux que durant le confinement assorti d’un couvre-feu. Evidemment, il a fallu faire adhérer les citoyens, habitués à exercer leur liberté, que ces mesures extrêmes sont vitales pour qu’ils restent en vie.
Une décision nécessaire prise non sans regrets par Macky Sall, au front de la riposte, qui a dû choisir les mots pour justifier son décret. Il dit : «Ce moment est inédit dans l’histoire de l’humanité. Voilà que l’infiniment petit fait trembler le monde entier, de façon brutale, rapide et massive, ignorant les frontières, frappant sans distinction pays riches comme pauvres, et sans égard pour le statut social des uns et des autres.» Parce qu’il y allait de notre propre santé et de notre propre vie, de la santé et de la vie de nos familles et de nos communautés.

Pandémie d’inégalités
Bien sûr, ces «fermetures» étaient indispensables pour tenter d’endiguer la pandémie toujours létale. Mais les conséquences économiques et sociales sont de plus en plus prégnantes. Dans un pays où plus de la moitié de la population vit du travail informel, la crise sanitaire a fait basculer plusieurs ménages dans la pauvreté. Même des travailleurs salariés ont perdu leurs revenus. Selon une étude de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), la pandémie a impacté 36% des chefs de ménage qui ont perdu leur emploi. En plus, d’après ces chiffres, 85% des ménages ont subi une baisse de leurs revenus.
Parmi les chefs de ménage qui avaient un emploi avant la crise, 60% ont conservé le même emploi, 4% ont changé d’emploi. Les travailleurs exerçant dans les services, le commerce, l’Administration publique, les transports et les communications, les mines et carrières ont été les plus touchés par cette pandémie.
Paradoxalement les professionnels de l’agriculture ont été plus épargnés par la crise. Prévisible, cette situation avait poussé les autorités à mettre en place un système d’aides publiques pour permettre aux familles de faire face durablement à la crise. Ces mêmes générations n’ont jamais connu pareilles situations.

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