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Les difficultés que rencontrent les veuves ne sont pas une nouveauté. Ce problème existe même dans la Bible où Dieu est obligé de voler à leur secours par le biais des prophètes.

«Rites et pratiques du veuvage. Que dit l’Eglise catholique ? Que prévoit le Code sénégalais de la famille ?» Quatre panélistes ont essayé de trouver des réponses à ces interrogations du thème proposé en guise de réflexion par l’Association de monseigneur Augustin Sagna (Amas) en ce temps de carême. Selon le père Blaise Pascal Sagna, le veuvage ne concerne que les femmes dans la Bible. Et d’après le théologien, le mariage est instauré par Dieu avant même le péché de Adam et Eve. Cela, pour dire que c’est le mariage qui est dans le plan de Dieu et non le veuvage. D’ailleurs, dans Genèse 2 : 24, il est dit que «l’homme quitte son père et sa mère, il s’attache à sa femme et tous deux deviennent une seule chaire». Mais à en croire le père Blaise Pascal, la femme avait peu de droits et beaucoup de devoirs dans la société de l’Ancien Testament. Le veuvage, dit-il, avait une conception négative.
Le veuvage, tout comme la stérilité et le célibat, étaient une espèce de honte (Is 54 : 4) dans l’Ancien Testament, informe le panéliste. Selon toujours les enseignements du prêtre, il y avait une période fixée aux femmes pour faire le deuil de leur mari, c’est-à-dire la viduité. A cette occasion, la femme portait des vêtements qui marquaient sa condition. En cas de non remariage, poursuit-il, elle peut se retrouver chez ses parents (Gn 38 : 11). Ce qui atteste, d’après le père Sagna, que «les femmes étaient des victimes exposées à la prostitution, la misère et au lévirat». Mais au vu des ces situations difficiles auxquelles elles sont confrontées, Dieu s’est engagé à les défendre par la bouche des prophètes, car la femme de l’Ancien Testament était en quelque sorte la prostituée de l’homme. «Jeune, elle appartient à son père, mariée à son mari, et veuve aux héritiers», a expliqué le religieux en montrant qu’elle était confrontée à la fragilité, à la pauvreté. Mais des solutions ont été trouvées pour corriger ces impairs. Il y avait le lévirat, la femme veuve devait épouser le frère de son mari décédé afin de lui susciter des enfants qui puissent hériter de ses biens et faire pérenniser son nom à la postérité. «Chez les juifs, si deux frères habitent la même maison et l’un meurt sans laisser d’enfant, la femme ne reviendra pas à un étranger. C’est le frère qui ira vers elle pour susciter des enfants à son frère décédé. C’est ce qui explique l’histoire de la veuve dans la Bible qui s’est mariée à 7 frères sans avoir d’enfant», a-t-il cité en guise d’exemple. Mais force est de constater que cette loi ne se bornait pas aux propres parents. La femme peut, au cas où il n’y a plus de parents proches, aller vers des parents éloignés de la même lignée.
Comme c’est dans l’Adn de Dieu de se soucier des personnes faibles, c’est Dieu lui-même qui est le premier défenseur des veuves. Il vient en aide à toutes les personnes fragiles. «Vous n’accablerez pas les veuves et les orphelins. Si vous les accablez, ma colère s’enflammera et vos femmes seront des veuves et vos enfants des orphelins», a-t-il prévenu dans l’Ancien Testament. Et pour fuir la colère du Seigneur, une solidarité matérielle est mise en place avec «la dime annuelle et triennale», le droit des veuves indigentes «à glaner le blé et à grappier le raisin», explique en outre le théologien.
Dans le Nouveau Testament, indique le père Blaise Pascal Sagna, les lois juives étaient limitées. Les femmes étaient séparées des hommes. On n’a pas le droit de parler à une femme qu’on ne connaît pas. Un interdit cassé par Jésus qui s’est adressé à la femme veuve au puits. Et contrairement aux Juifs, les veuves aisées chez les Romains pouvaient profiter de leur situation pour exercer certaines tâches.
Dans la Bible, la société installe la veuve dans une situation d’isolement. D’ailleurs, aucune loi canonique ne prend en compte la veuve, mais heureusement, Dieu est là pour assurer sa défense. «Dieu envoie le prophète Elie vers la veuve de Sarepta, mais aussi la veuve est mandatée pour accueillir le prophète», a conclu père Blaise Pascal Sagna.
justin@lequotidien.sn

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