PARTAGER

Une session de mentorat a été dispensée hier aux femmes politiques qui n’administrent actuellement que 2% des 557 collectivités territoriales.

25% du gouvernement et 2 institutions dirigées (si la nomination de Aminata Mbengue Ndiaye au Hcct est confirmée) : chez les femmes, ces chiffres constituent l’arbre qui cache la forêt. Dans les collectivités territoriales, le nombre de femmes maires est proche du néant : 13 sur 557 communes, soit plus de 2%. L’Ong 3D a organisé hier une session de mentorat en direction des femmes issues des partis politiques pour obtenir au moins 20% de maires femmes lors des prochaines élections locales. En réalité, cette ambition frise la démesure à partir du moment où le mode d’élection du maire et du président de Conseil départemental est désormais assujetti au suffrage universel direct.
En plus de se battre pour être tête de liste face à la «domination masculine», comme dirait Pierre Bourdieu, les femmes doivent aussi affronter une société pas encore prête à porter au pinacle des femmes. Lors de la dernière élection présidentielle, toutes les candidates ont été recalées à l’étape du parrainage. Un ensemble de défis qu’il faut relever, au risque de se retrouver sans maire pour les femmes.
«Avec l’élection des maires au suffrage universel direct, on court le risque d’avoir zéro femme maire, parce que la compétition sera encore plus rude. Avec le système indirect, on pouvait donner des consignes aux conseillers de voter pour une femme maire. Mais avec le système universel direct, si on n’y prend garde en anticipant dans le renforcement des capacités des femmes, on peut courir le risque d’avoir zéro femme maire», prévient Moundiaye Cissé.
Tenaillées dans la précarité, les femmes méritent, pour atteindre leurs ambitions politiques, d’être accompagnées sur des questions de leaderships politique et économique. «Cette rencontre est en parfaite cohérence avec la vision du chef de l’Etat, Macky Sall, qui a toujours considéré la condition féminine comme un des leviers de notre développement», rappelle Khady Samba, directrice de l’Economie solidaire et de la microfinance.
Au-delà, l’Ong 3D s’interroge sur l’impact réel de la loi sur la parité. Avant l’entrée en vigueur de cette loi votée en 2010, il n’y avait que 5 femmes maires. «Dans les conseils municipaux, on est passé de 20% de femmes présentes dans les conseils municipaux à 43% de femmes, du fait de la loi sur la parité. Mais cela a servi à quoi ? Qu’est-ce qu’on a senti comme changement dans le vécu politique des femmes au niveau de ces conseils municipaux ? La loi sur la parité ne doit pas être une finalité, mais un moyen de leadership politique des femmes pour qu’elles aient le pouvoir», plaide Moundiaye Cissé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here