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La grande finale du concours de beauté Miss Bénin Sénégal première édition, s’est tenue dans la nuit du samedi dernier au Centre aéré de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Au-delà de la beauté, c’est aussi et surtout la diversité de la culture béninoise qui a été célébrée.

Un silence jamais observé depuis le début de la soirée envahit la salle du centre aéré de la Bceao. Dans un élan de solidarité, les candidates alignées sur le podium se prennent par la main, leurs sourires n’arrivent plus à maquiller leur stress, elles ont l’air de vouloir en finir le plus tôt possible après des heures de défilé devant une foule admirative. L’instant le plus émotionnel de la soirée fut ainsi et sans nul doute l’annonce des résultats. Vêtue d’une longue robe en tissu wax, les lunettes bien fixées sur le visage, la présidente du jury félicite les candidates et confesse la difficulté qu’elle et les autres membres ont eu à délibérer étant donné le niveau assez élevé de la prestation de toute les candidates. «Les filles vous êtes toutes des miss. Vous êtes la preuve de la beauté physique et intellectuelle de la femme béninoise. Vous faites la fierté du Bénin. Il nous a été difficile de vous départager, mais étant donné qu’il n’y a qu’une seule couronne, il nous fallait bien faire un choix.» Après ces mots, Mme Bernadette Atchadé dévoile le palmarès : «Avec un total de 620 points, la 2ème dauphine est Aïnadou Régine». Des applaudissements et les cris de joie du public tonnent comme pour valider le résultat. Elle enchaîne : «la première dauphine a totalisé 667 points et répond au nom de Isis Varissou». Cette déclaration donne aussi suite à des applaudissements et des cris de joie. Puis, pendant que la présidente s’apprête à annoncer le nom de la reine de la soirée, elle a été interrompue par le Maître de cérémonie qui apparemment se plait à jouer avec les nerfs déjà assez tendus des spectateurs. C’est alors que comme un seul homme, ceux-ci poussèrent des cris de protestation, réclamant le nom de la future ambassadrice de la beauté béninoise au Sénégal.
Profitant du calme momentané de la salle, Mme Atchadé continue d’une voix solennelle, «La Miss Bénin Sénégal première édition c’est mademoiselle Latoundji Amirath avec 723 points». Des applaudissements assourdissants et des cris de joie suivent cette annonce finale. Le visage de l’heureuse de la soirée s’illumine d’un radieux sourire. A pas de véritable reine, Latoundji Amirath qui avait déjà remporté le vote des internautes, s’avance pour recevoir sa couronne. Au-delà de la beauté de la femme béninoise, cette étudiante en troisième année de médecine à l’Ufr santé de Thiès, à désormais la lourde charge de révéler le Bénin dans toutes ses dimensions, partout où elle mettra pied. Le consul du Bénin, quant à lui, a choisi la deuxième dauphine comme la «miss du consulat». Il faut rappeler que cette soirée de Miss Bénin diaspora au Sénégal, avait démarré par une belle entrée en scène : «La femme béninoise est belle et cette beauté couvre et couve le Bénin, entendons-nous bien, la femme béninoise est naturellement belle». A cette phrase, un tonnerre d’applaudissements retentit dans la salle pleine à craquer du Centre aéré de la Bceao de Dakar. Costume de couleur bleue taillé sur mesure, chemise bleu- ciel, cravate violette tachetée de rouge, chaussure en cuir noir, papier en main, Moussa Cassé le consul honoraire du Bénin près du Sénégal apparemment ragaillardi par ce public entièrement d’accord avec ces propos, prononce son discours d’ouverture.

L’entrée en matière
Avec des mots minutieusement choisis, Moussa Cassé égraine le chapelet de la beauté, et de la bonté de la femme béninoise. Il plante ainsi le décor d’une soirée qui se révèlera riche en couleurs et surtout pleine d’émotions. Après ces mots, le maitre de cérémonie installe les membres du jury composé de 5 personnes dont 4 femmes et un homme, et présidé par madame Bernadette Atchadé assistée entre autre de la miss Bénin France Europe. Les différents passages des candidates sont accompagnés par des applaudissements. L’aspect physique des candidates n’a pas été le seul élément déterminant dans la décision finale du jury, «Nous ne nous sommes pas seulement focalisé sur l’aspect physi­que.  Nous avons aussi tenu compte de la prestance, du port, la capacité à retenir l’attention, à esquisser quelques pas de danse du Bénin, l’éloquence et surtout la maitrise qu’a la candidate», a confié la présidente du Jury. La parade des candidates est entrecoupée de prestations artistiques de la troupe culturelle du groupe Arise communication partenaire privilégié de l’évènement. De par leur prestation, ces dernières ont embarqué l’assistance dans un voyage touristique pour une visite guidée de la diversité culturelle du Bénin. Un bar est installé au nord-ouest de la salle avec l’enseigne «Miss Bénin Sénégal avec la béninoise». La bière nationale y était disponible ainsi que des brochettes de viande. L’odeur d’épice que dégagent les plats de brochettes font saliver plus d’un.
Les candidates ont droit à 3 passages, respectivement en tenue de ville, tenue traditionnelle et en tenue de soirée. Au premier passage, chacune décline son identité, la raison pour laquelle elle participe à miss Bénin-Sénégal et expose brièvement le projet qu’elle défendrait si elle remportait la couronne. De la lutte pour l’émancipation de la femme à celle pour la promotion des personnes handicapées, les candidates apparemment très bien préparées pour l’épreuve étaient aussi éloquentes les unes que les autres. Au deuxième passage (en tenues traditionnelles), nos prétendantes à la couronne démontrent leur capacité à se mouvoir sur des sonorités purement traditionnelles. Une fois de plus, elles épatent le public par l’exactitude de leurs pas de danse. Vêtue d’un pagne blanc orné de dessins représentant des symboles de royauté d’Abomey, un bonnet royal de couleur noire sur la tête, le coup couvert de talc, la candidate numéro 8 s’avance sur la piste le visage fendu par un large et éblouissant sourire. Après quelques pas de danse plutôt calme, elle se mit à se mouvoir avec beaucoup plus d’énergie. Torse nu, les percussionnistes apparemment sur motivés par le charme et l’exactitude des pas de danse de cette «nan», (Ndlr, appellation de la princesse en langue fon dans le royaume du Dahomey) se mit à frapper avec beaucoup plus d’énergie sur leur poitrine). C’est le «akonhoun» qui signifie littéralement le rythme de la poitrine. C’est un rythme royal qui jadis n’était dansé qu’au palais d’Abomey à des circonstances bien déterminées. Ici, l’instrument de musique principale c’est le corps humain. Et de leurs mains, les percussionnistes frappent sur leur poitrine avec une cadence bien déterminée, la sonorité que produit ce geste est accompagnée par le son du «gon».

Une clôture en apothéose
Pour leur troisième et dernier passage les représentantes de la beauté béninoise défilent en tenue de soirée et répondent à des questions qu’elles ont eu à tirer au sort. Même si là encore elles s’en sortent très bien, il faut noter tout de même que le stress était à ce moment à son comble. En témoignent certains lapsus. A la place de l’espoir que symbolise la couleur verte contenue dans le drapeau du Bénin, une candidate a par exemple parlé de courage. Finalement l’on connaîtra l’heureuse élue, Latoundji Amirath qui obtient de nombreux cadeaux. Cette soirée de Miss Bénin diaspora a été rehaussée par la présence de la diva béninoise Zeynab. Elle s’est emparée de la scène et comme à son habitude, a enflammé un public totalement acquis à sa cause.  Une belle première pour la communauté béninoise du Sénégal !

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