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En mettant sous tutelle la Caf par la nomination de Fatma Samoura comme Déléguée générale auprès de l’instance continentale, la Fifa a été accusée d’ingérence. Mais l’instance mondiale ne lâche pas la Caf, avec cette énième immixtion dans le dossier des candidatures pour la succession de Ahmad Ahmad.

Nouveau rebondissement dans l’élection pour la présidence de la Confédération africaine de football (Caf) qui aura lieu le 12 mars prochain à Rabat au Maroc.
Jeudi dernier, la Caf avait annoncé, par le canal de la Commission de gouvernance, avoir validé les candidatures du Sénégalais Augustin Senghor et de l’Ivoirien Jacques Anouma. Avant de donner un feu vert provisoire à celles du Mauritanien Ahmed Yahya et du Sud-Africain Patrice Motsepe qui devront passer un grand oral le 28 janvier. En raison de sa suspension de 5 ans prononcée par la Fifa, le président sortant Ahmad Ahmad ayant été déclaré inéligible.
Mais coup de tonnerre ! Ce dimanche, la Caf a annoncé qu’elle ne sera pas la seule décisionnaire dans ce dossier puisque la Fifa va aussi avoir son mot à dire.
«La Commission de gouvernance de la Caf devra soumettre à la Commission de contrôle de la Fifa les candidatures reçues pour le poste de président de la Caf, étant entendu que le président de la Caf a vocation à devenir le vice-président de la Fifa», a indiqué la Caf à l’issue de son Comité d’urgence. Avant d’ajouter : «La Commission de gouvernance de la Caf devra déterminer, avec la Commission de contrôle de la Fifa, une date d’officialisation dans les plus brefs délais de la liste définitive de tous les candidats à toutes les élections, à savoir membres du Comité exécutif, membres du Conseil de la Fifa et président de la Caf.»

Violation du principe de la non-interférence dans les décisions des organes indépendants
Une démarche qui a dû surprendre en premier les membres de la Commission de gouvernance de la Caf, un organe censé être indépendant. Et qui voit ses prérogatives partagées avec la Commission de contrôle de la Fifa ; d’où des questionnements par rapport à la démarche du Comité d’urgence de la Caf et son président intérimaire, le Congolais Constant Omari, qui ont convoqué cette réunion… d’urgence sous la pression de la Fifa. Et vouloir lier les décisions de la Commission de gouvernance avec celle de la Commission de contrôle de la Fifa, ce n’est rien d’autre que violer les statuts de la Caf qui régissent le principe de la non-interférence de l’exécutif dans les décisions de ses organes indépendants.
En fait, c’est comme si la Fifa voulait «rassurer» les deux candidats, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sud-Africain Patrice Motsepe, qui attendent d’être auditionnés avant d’avoir une idée par rapport à leur candidature.
Après la mise sous tutelle pendant 6 mois de la Caf par la nomination de Fatma Samoura en sa qualité de Déléguée générale auprès de l’instance continentale, la Fifa s’invite maintenant dans l’élection du président de la Caf.
Demain, la Caf disparaîtra au profit de la Fifa si les Africains continuent de se plier aux exigences de l’instance mondiale. Le refus d’une Can tous les quatre ans n’a pas toujours découragé l’équipe de Infantino dans sa quête de mettre au pas le football africain et ses dirigeants.

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