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C’est le renouvellement du syndicalisme dans le secteur de l’éducation. Les premiers résultats des élections de représentativité donneraient le Saems, le Cusems et le Sels vainqueurs. Avec ce résultat, on assiste à l’ascension des nouveaux syndicats au détriment des traditionnels comme le Syndicat unique et démocratique des enseignants (Sudes) et l’Union démocratique des enseignants (Uden) du Sénégal.

Le syndicalisme dans le secteur de l’éducation est en train de faire sa mue. L’ascension des nouveaux syndicats au détriment de ceux dits traditionnels comme le Sudes et l’Uden vient d’être confortée par les premières tendances des élections de représentativité des syndicats de l’enseignement tenues mercredi dernier, après les élections de représentativité des Commissions paritaires et administratives et de conseil de discipline (Cap/cd) tenues en 2016 et qui ont vu le Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (Saems) et le Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (Cusems) arriver en tête. D’après les premiers résultats, c’est le Saems qui arrive en tête, suivi du Cusems pour ce qui est du moyen secondaire. Concer­nant l’élémentaire et le préscolaire les premières tendances donneraient le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), dirigé par Souleymane Diallo, vainqueur. L’enseigne­ment à tirer de ce scrutin, c’est que le leadership du syndicalisme dans le secteur de l’éducation, longtemps incarné par des syndicats comme le Sudes et l’Uden, s’est effrité au profit des jeunes syndicats. L’explication est à chercher sur le fait que les premiers militants de ces syndicats dits traditionnels sont au­jourd’hui pour la plupart à la retraite. La jeune génération d’enseignants est venue avec la création des nouveaux syndicats comme le Saems et le Cusems. Suffisant alors pour que ces jeunes enseignants se retrouvent dans ces organisations qui incarnent le renouveau, avec la prise en compte des revendications des corps émergents (volontaires et maîtres contractuels). Dans l’enseignement élémentaire, le résultat obtenu par le Sels ne devrait pas beaucoup suspendre. Né avec l’arrivée des volontaires dans les années 2000, ce syndicat a porté le combat de cette catégorie d’enseignants dès leur entrée dans ce secteur. Au­jourd’hui, si ces résultats se confirment, l’histoire syndicale dans ce secteur va tourner la page des syndicats traditionnels pour en ouvrir une nouvelle avec les jeunes.

«Il faut être représentatif pour parler au nom des enseignants»
Au-delà de ce résultat qui montre l’ascension des nouvelles organisations, ce scrutin va permettre de connaître le poids des syndicats. Il faut rappeler que 32 d’entre eux étaient en lice, les résultats définitifs vont ainsi montrer le poids de chacun. Les autorités avaient clairement indiqué que seules les organisations syndicales du secteur de l’éducation qui ont 10% des suffrages exprimés seront conviées autour de la table des négociations. Des propos réitérés par le ministre du Travail, du dialogue social et des organisations professionnelles dans un entretien accordé hier à l’Agence de presse sénégalaise (Aps). «Une fois que les syndicats représentatifs seront identifiés, ils seront seuls habilités à parler au nom des enseignants avec le ministère de l’Education, participer aux commissions de négociation, déposer des préavis de grève ou encore prendre part à n’importe quelle structure», a dit Mansour Sy. De même, M. Sy a souligné qu’il «faut être représentatif pour parler au nom des enseignants, aussi bien dans le collège préscolaire-primaire, dans le collège moyen-secondaire ou dans le collège des corps de contrôle». «Les règles du jeu ont été définies par un arrêté ministériel en relation avec le Bureau international du travail (Bit) qui a pris part au processus pour aboutir à des élections de représentativité», a-t-il encore rappelé. Reste à savoir si les différentes parties vont respecter cet engagement.
dkane@lequotidien.sn

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