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Mahmoud Saleh parle rarement. Mais quand il le fait, soupçonne-t-on très souvent, c’est qu’il a l’aval de son chef. On lui prête aussi d’être l’homme des missions les plus secrètes, voire impossibles. Sous la dictée du président de la République, il serait même celui qui a œuvré à la réalisation du gouvernement d’ouverture. Et qui a manœuvré pour le retour de Idrissa Seck. Invité de l’émission «Jury du dimanche» d’iRadio hier, le nouveau directeur de Cabinet du chef de l’Etat félicite Idy d’avoir eu «le courage de franchir ce pas qui n’est pas un pas moindre». S’il refuse d’être le maître d’œuvre de ces retrouvailles Sall-Seck, M. Saleh admet avoir «souvent eu l’occasion de rencontrer certains hommes politiques dont Idrissa Seck» avec qui il dit entretenir de «très bons rapports maintenant», comparé aux «rapports tendus» qu’ils ont eu à entretenir par le passé. Et le promoteur du «coup d’Etat rampant» qui avait scellé le divorce Wade-Idy estime que «ce sont des contextes qui sont derrière nous» et souhaite qu’ils ne se reproduisent jamais. Comme le leader de Rewmi, il reconnaît que des discussions ont été entamées depuis 15 mois. «Il y a une forme visible du dialogue national accompagnée de concertations souterraines», a-t-il admis.
Le responsable de l’Apr pense que le débat sur le 3ème mandat «n’est pas d’intérêt particulier» au vu des circonstances socio-politiques. «Ce serait mal venu de déconcentrer l’attention des populations sur les enjeux fondamentaux qui déterminent notre avenir immédiat au profit d’une perspective 2024 dont on a le temps de nous occuper», a-t-il indiqué. En revanche, il s’est prononcé sur les Locales et estime que «probablement» et «objectivement», les élections locales qui étaient prévues au plus tard en mars 2021 se tiendront «en fin d’année 2021 pour donner le temps de faire l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral». Sur un éventuel couplage Locales-Légis­latives, il assure que «pour le moment, ce n’est pas envisagé». Avant de nuancer : «Pour les Législatives, le calendrier républicain les prévoient pour 2022. Maintenant, les aléas de la vie sont ce qu’ils sont.»

Amadou Ba, Boun Dionne et Cie «n’ont ni la légitimité politique ni historique
avec le parti»
Certains lient les départs de Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, Boun Dionne, Makhtar Cissé, Oumar Youm ou encore Mimi Touré à leurs ambitions présumées de succéder à Macky Sall. «Je ne leur connais pas une ambition présidentielle ouverte et publiquement assumée. S’ils en nourrissent, je ne saurais le confirmer parce que rien dans ce qu’ils ont eu à faire ou à dire ne peut me permettre de les caractériser comme ayant des ambitions pour le fauteuil présidentiel», a dit M. Saleh. Et il ajoute cependant que «ceux dont on dit qu’ils sont de grands responsables n’ont ni la légitimité politique ni historique avec le parti». «Aucun d’entre eux n’a participé à générer les fondamentaux de l’Alliance pour la Répu­blique, aucun. Ils occupent des responsabilités éminentes dans le parti, mais constatons qu’aucun d’entre eux n’en est un produit», insiste-t-il. Il a aussi souligné qu’il n’y a pas de «cas Aminata Touré» et «souhaite vivement qu’elle soit nommée ailleurs». Il révèle que «Aminata Touré a eu un entretien avec le Président Sall lors duquel elle l’a remercié de l’avoir mise là où elle était».
hamath@lequotidien.sn

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