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Toute candidature à la Présidentielle prochaine, pour être valable, devra réunir au moins 1% des inscrits sur le fichier, soit près de 65 mille signatures. Mais il y a des questions techniques qui n’ont pas encore de réponse. Le Quotidien a interrogé Ababacar Fall du Gradec sur les pièges de ce système de parrainage.

N’y a-t-il pas techniquement des difficultés pour vérifier 65 mille signatures ?
Il y avait 10 mille signatures exigées pour les indépendants qui n’étaient pas nombreux. Aujourd’hui, il s’agira de vérifier 65 mille signatures par candidat. Il faut dire que c’est un travail fastidieux à faire, mais c’est possible parce que quand quelqu’un dépose une liste de 65 mille signatures, si ce sont des gens inscrits sur le fichier, il faudra demander en ce moment aux partis de fournir la liste de parrainage sur support électronique et, dans ce cas, si on lance une requête, la machine vous sort les noms et les numéros. S’il y a erreur sur le numéro ou le nom, elle est très vite décelée. Il faudra alors donner un délai au candidat pour rectifier ou corriger. C’est pourquoi il sera nécessaire de procéder à un réaménagement des délais, c’est-à-dire prévoir la possibilité pour les candidats de pouvoir rectifier ou compléter leurs dossiers de parrainage. Donc, il faudra régler la question du contrôle des signatures surtout lorsque vous avez par exemple quinze candidats. C’est le cas pour les Législatives où on a introduit au moment du dépôt des candidatures la notion de recevabilité matérielle et celle de recevabilité juridique. Entre la date de recevabilité matérielle et juridique, les mandataires ont la possibilité de changer les pièces périmées ou comportant des erreurs.

Mais n’y a-t-il pas des risques de double parrainage ?
Il est possible effectivement qu’une personne figure sur deux listes de parrainage. C’est ce qu’on appelle le double parrainage ou le coparrainage. Je ne sais pas ce qu’il y a dans le projet de loi, mais cela devra être clarifié pour permettre aux candidats de se conformer à la loi et de pouvoir disposer d’un délai pour remplacer les cas de double parrainage pour ne pas donner l’impression que le parrainage n’est qu’un alibi pour éliminer des candidats. C’est pourquoi je préfère parler, pour l’instauration du parrainage, de crédibilité et non rationalisation. La rationalisation, elle, doit se faire au niveau des partis politiques.

Quand on doit s’appuyer sur des cartes d’identité, cela suppose au préalable que celles-ci soient disponibles. Or, il y a encore certains qui n’en disposent toujours pas…
Il faut effectivement que les citoyens disposent de leur carte ou, à défaut, de leur récépissé. Mais disposer d’un récépissé ne garantit pas la recevabilité de l’inscription parce l’inscription peut faire l’objet de rejet au moment du traitement des données de la révision. On se rappelle le cas Youssou qui soutenait avoir rempli toutes les conditions en 2012, mais on lui a dit qu’il y a des signatures qui n’étaient pas fiables. C’est la Daf (Direction de l’automatisation des fichiers) qui avait fait la vérification et cette structure est le bras technique du ministère chargé des Elections. C’est pourquoi dans le cadre de la médiation que la société civile avait entreprise, nous avions proposé, entre autres, pour plus de transparence, un comité de validation des parrainages composé de la Cena, de l’Administration électorale, du greffier du Conseil constitutionnel qui reçoit les candidatures et de la société civile parce que le Conseil constitutionnel n’est pas outillé techniquement pour faire ce travail.
hamath@lequotidien.sn

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