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Aussi bien le directeur de Cabinet du ministère du Pétrole et des énergies, Abdoulaye Dia, que le président de la Commission de régulation du secteur de l’électricité (Crse), Ibrahima Amadou Sarr, qui ont été interpellés hier en marge de la première consultation publique pour la révision des conditions tarifaires de la Senelec pour la période 2020-2022, sur la rumeur relative à une éventuelle augmentation des prix de l’électricité, se sont abstenus d’en parler. Tout de même, M. Sarr a avoué que le manque à gagner de la Senelec se creuse. De 33 milliards de francs Cfa au premier trimestre, l’écart de revenus de l’opérateur a été estimé au second trimestre 2019 à 70 milliards de francs Cfa

Les difficultés financières auxquelles la Société nationale d’électricité (Senelec) est confrontée aujourd’hui, à cause surtout du non-paiement de la compensation par l’Etat, ne sont plus un secret de polichinelle. Dans la période 2017-2018, ces arriérés sont estimés à environ 125 milliards de francs Cfa. Au premier trimestre 2019, l’écart de revenus par rapport au Revenu maximum autorisé (Rma) déterminé avec l’indexation et les tarifs en vigueur a été évalué à 33 milliards de francs Cfa.
«Normalement, on aurait dû ajuster les tarifs de 39% à l’époque. Mais l’Etat avait décidé de maintenir les tarifs en vi­gueur et qu’il se chargerait de compenser la Senelec au cours du 1er trimestre», a dit hier le président de la Commission de régulation du secteur de l’électricité, en marge de la 1ère consultation publique pour la révision des conditions tarifaires de Se­ne­lec pour la période 2020-20­22.
Au second trimestre, ajoute Ibrahima Amadou Sarr, il a également noté des écarts de revenus d’environ 70 milliards de francs Cfa. «Malgré tout, l’Etat nous a demandé de maintenir les tarifs en vigueur et se chargerait de compenser la Senelec. Nous allons vers la revue du mois de juillet où le manque à gagner de l’opérateur sera calculé et soumis à l’Etat qui a la prérogative de faire une compensation partielle qui consiste à dire que, compte tenu de l’écart de revenus, je prends en charge une partie, je subventionne l’autre partie et on ajuste les tarifs conséquemment», explique le régulateur. Avant de rappeler que «depuis 2009, ce soutien de l’Etat est constant. Il a jusqu’ici pris en charge les écarts de revenus pour éviter une hausse des prix de l’électricité. En 2017, le gouvernement a eu à baisser les tarifs de 10%, ce qui a accentué le besoin de compensation».
Le directeur de Cabinet du ministre du Pétrole et des énergies ne dit pas le contraire. «Depuis plus de dix ans, le Sénégal n’a procédé à aucune hausse de tarif de l’électricité, malgré l’augmentation au niveau mondial du prix du baril, parce que la politique initiée par l’Etat du Sénégal, c’est de supporter le consommateur, surtout les consommateurs les plus démunis», soutient Abdoulaye Dia.
Il indique qu’à chaque trimestre, la Commission calcule le manque à gagner ou le surplus de gain de la Senelec. Elle le soumet à l’Etat du Sénégal qui en décide, de tout temps, de le supporter. Mais puisque le Sénégal a la chance d’avoir découvert d’importants gisements de gaz et de pétrole, dont l’exploitation est attendue avant la fin de la nouvelle période tarifaire en vue, M. Dia considère que «toutes les parties doivent faire les efforts nécessaires». La «Senelec doit encore faire des efforts pour engranger des gains pour réduire les coûts de production d’électricité, dénicher toutes les mauvaises performances afin de le reverser aux consommateurs pour que ces derniers ou l’Etat n’aient pas à injecter de l’argent au niveau de la Senelec», a suggéré M. Dia en marge de la rencontre.
La consultation publique pour la révision des conditions tarifaires de la Senelec a été instituée par la loi sur le secteur de l’électricité. La session d’hier avait pour objet, selon le président de la Crse, de passer en revue le bilan de la période écoulée, de discuter des nouvelles normes et obligations fixées par le ministère de l’Energie concernant la qualité de service et sur la méthodologie qu’entend entreprendre la Commission dans le cadre de la mise en œuvre de cette révision tarifaire. Le but visé, ajoute M. Sarr, est de mieux asseoir les décisions de la Commission de régulation, car au terme du processus, la Crse doit prendre une décision qui va fixer les conditions tarifaires de la Senelec pour la période 2020-2022.
dialigue@lequotidien.sn 

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