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Le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (Ecreee) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui a mis en place un projet régional d’électrification hors réseau (Rogep), financé par la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars, soit plus de 110 milliards de francs Cfa, a tenu hier à Dakar son premier atelier national afin de promouvoir les investissements privés dans les systèmes solaires autonomes en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

En 2016, le taux d’électrification rurale au Sénégal était de 33,2%, dont les 7% sont des ménages électrifiés par des systèmes solaires décentralisés. Dans un pays où près de 60% de la population vivent en milieu rural, le gap est important. Et il concerne beaucoup de pays du continent. C’est la raison pour laquelle le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (Ecreee) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a mis en place un projet régional d’électrification hors réseau (Rogep). Financé par la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars, soit plus de 110 milliards de francs Cfa, ce projet a tenu à Dakar son premier atelier national pour la promotion des investissements privés dans les systèmes solaires autonomes en Afrique de l’Ouest et au Sahel. «Ce projet régional pour l’électrification solaire hors réseaux vise à accroître l’accès aux services énergétiques en milieu rural et aux services sociaux de base», explique M. Ciré Abdoul Diallo, coordonnateur de projets à l’Ecreee. Dans le cas du Sénégal, l’Agence nationale d’électrification rurale (Aser) a élaboré un programme d’électrification rurale dont l’objectif principal est l’accès universel à l’électricité en 2025. Seulement, ce programme nécessite la mobilisation d’un financement estimé à 460 milliards de francs Cfa, selon Ousmane Fall Sarr, directeur des Etudes et de la planification de l’Aser. Pour réussir cet objectif, l’option est d’impliquer le secteur privé. «Le secteur privé est un acteur incontournable dans l’électrification rurale dans la mesure où le défi du financement peut être résolu en partie par le secteur privé qui a des possibilités de mobilisation de ressources importantes. C’est dans le cadre d’un Partenariat public-privé (Ppp) que l’Etat peut maximiser ses possibilités de financement dans l’électricité rurale qui est très capitalistique», indique M. Sarr.
Selon M. Diallo, 19 pays, 15 de la Cedeao plus le Tchad, le Cameroun, la République centrafricaine et la Mauritanie sont concernés par ce projet. Une étude faite par la Banque africaine de développement (Bad) mon­tre que seuls 30% des Afri­cains supplémentaires qui auront accès à l’électricité d’ici 2040 seront raccordés aux ré­seaux nationaux. «Autrement dit, la plupart d’entre eux, soit 70%, accéderont à l’électricité grâce aux solutions décentralisées que sont les mini-réseaux et les solutions d’électrification individuelle ou systèmes autonomes», souligne M. Adama Diallo, directeur de Cabinet du ministère du Pétrole et des énergies.
Le recours à l’énergie solaire pour rattraper le retard de développement des zones rurales est un des objectifs affichés par ce projet. Il s’agit ainsi de vulgariser le pompage solaire dans le secteur agricole, notamment dans la production horticole, rizicole et bananière. Ces secteurs utilisent essentiellement des pompes à diesel dont la consommation représente les 2/3 des charges d’exploitation, informe l’Aser.

11 mille ménages dotés de kits solaires
Mais le principal obstacle reste l’accès aux financements. Raison pour laquelle le Rogep entend utiliser une grande part du financement mobilisé, 140 mil­lions de dollars, environ 78 mil­liards de francs Cfa, pour faciliter l’accès au financement des fournisseurs de services. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet de diffusion des kits solaires en secteur résidentiel. Dans sa première phase, le projet vise à fournir à 11 mille ménages ur­bains et péri-urbains des kits so­laires.
Abdou Fall, président du Conseil patronal des énergies renouvelables au Sénégal (Cope­res), explique que la phase pilote de ce projet sera menée dans 4 localités du pays, à savoir les quartiers des Hlm et de Pikine à Dakar ainsi que Thiès et Saint-Louis. «Il s’agit, à travers une coopérative, de donner la possibilité aux ménages d’accéder à des coûts accessibles des kits solaires pour régler l’éclairage domestique dans un premier temps, ensuite on envisage de passer aux autres besoins», explique M. Fall.
mamewoury@lequotidien.sn

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