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Le président de la Fédération nationale des acteurs de la filière ovine (Fenafo) a plaidé la semaine dernière à Saint-Louis, pour une labellisation de la race «ladoum», afin d’en faire un produit exportable et du coup, lutter contre la mévente qui plombe en ce moment l’Elevage de cette race. Abou Kane présidait dans la Vieille ville, une rencontre des éleveurs sur la minéralisation et la caractérisation de la race ovine.

Le président de la Fédération nationale des acteurs de la filière ovine (Fenafo) évoquait, en marge de la rencontre des éleveurs sur la minéralisation et la caractérisation de la race ovine à Saint-Louis, les difficultés rencontrées dans le secteur et surtout dans l’élevage de la race «ladoum», qui est plombé actuellement, par des problèmes liés surtout à la mévente. Les «ladoum», qui doivent servir à améliorer les autres races existant au Sénégal comme le «Peul peul», le «toubabir», etc., sont en effet bradés, selon lui, à vils prix à des acheteurs qui en font des moutons pour les baptêmes et mariages ou pour la Tabaski et même pour la boucherie, alors qu’ils étaient destinés aux bergeries pour aider à améliorer la race ovine. L’Etat fait des efforts en ce sens par le biais du ministère de l’Elevage et des productions animales en achetant des centaines, voire des milliers de géniteurs, a expliqué M. Kane, qui a invité les bailleurs à soutenir ces initiatives, afin de permettre aux éleveurs de vendre leurs géniteurs à un bon prix et ainsi éviter de les bazarder. Pour le président de la Fenafo, qui évoquait toujours les moyens de rentabiliser la race «ladoum», le «ladoum» est un sujet extraordinaire qui a des mensurations exceptionnelles qu’on ne trouve nulle part ailleurs et peut intéresser les éleveurs étrangers, notamment les éleveurs magrébins, brésiliens et européens. Mais, fait-il remarquer, pour que ce produit soit vendable à l’extérieur, il lui faut un label sénégalais. Pour cela Abou Kane trouve qu’il faut d’abord une reconnaissance au niveau national de cette race qui doit être caractérisée et ensuite reconnue par l’Etat et labellisée pour être vendue dans le monde. Ses propos ont été appuyés par ceux de Claude Demba Diop, directeur adjoint de la société Enema Sanders, pour qui le «ladoum» est d’un enjeu économique très important, car c’est le seul animal petit ruminant vendu dans le monde à plus de 20 millions de francs Cfa. Il y a donc, selon lui, des enjeux économiques qui fassent qu’il faut mettre tous les acteurs dans les conditions de pouvoir rentabiliser leur investissement. Pour ce faire, il y a, indique-t-il, des préalables, car beaucoup d’éleveurs ont tendance à gaver les animaux en ajoutant dans leur alimentation des éléments qui finalement participent à l’augmentation du taux de mortalité. Sur cet aspect, le président de la Fédération a indiqué que la rencontre de Saint-Louis, qui fait partie d’un programme établi par son association, consistant à faire des tournées dans les régions pour former les éleveurs et les sensibiliser sur comment nourrir leurs bêtes, comment conduire leur élevage et comment gérer leurs bergeries, avait pour ambition à travers cette journée, de sensibiliser les éleveurs de moutons à travers plusieurs présentations, à savoir l’importance de la minéralisation des sujets, la nutrition des animaux et la caractérisation de la race «ladoum». Des sujets très actuels et très importants pour les éleveurs, selon le président de la Fenafo, car bon nombre d’éleveurs ne savent pas comment nourrir leurs bêtes.

La minéralisation expliquée aux éleveurs
Toutefois, Abou Kane a fait savoir que des avancées ont été notées dans le secteur, car de nombreuses personnes se sont engagées dans l’élevage de la race «ladoum», des milliers d’emplois ont été également créés pour un chiffre d’affaires réalisé de plusieurs milliards là où les minoteries et les laboratoires se sont multipliés surtout dans la région de Dakar. Ces nombreuses avancées, associées à la multiplication des associations d’éleveurs dans le territoire national, montrent, selon Abou Kane, que le secteur de l’élevage des ovins émerge et a besoin d’être soutenu par des actions comme cette rencontre de Saint-Louis qui a permis de former les éleveurs en leur apprenant comment nourrir leurs animaux et comment gérer leurs bergeries.
Aux yeux de Dr Fatou Touré qui faisait une présentation sur la minéralisation chez les ruminants, il s’agissait principalement, dans cette rencontre, d’expliquer aux éleveurs, qu’est-ce que la minéralisation, quels sont les produits qu’ils peuvent utiliser et comment introduire la minéralisation dans l’alimentation des moutons ? Elle a expliqué pour rendre compte de l’importance de la maitrise des techniques de minéralisation que le «ladoum» est une race spéciale qui a une croissance très rapide et qui peut en moins de trois à quatre mois tripler son poids. Cette croissance soutenue, souligne-t-elle, demande une alimentation spéciale avec des règles très strictes qui ont été partagées au cours de la rencontre de Saint-Louis.
cndiongue@lequotiiden.sn

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