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Une semaine après les violentes manifestations de Guet-Ndar, les choses ont pris une autre tournure hier. Alors qu’on pensait avoir tourné la page, la police a procédé à l’arrestation de deux responsables du secteur de la pêche. Macoumba Dièye et Yame Dièye, habitant à Guet-Ndar, ont été placés en garde à vue au Commissariat central de Saint-Louis.

Après les émeutes, puis l’accalmie, les flics pêchent les présumés responsables des troubles de Saint-Louis, qui a été mise sens dessus-dessous lors des manifestations organisées par les pêcheurs de Guet Ndar. Alors que tout le monde pensait que tout est rentré dans l’ordre avec le début de la délivrance des licences de pêche à la suite d’une séance d’explications tenue entre le ministre de la Pêche et les acteurs du secteur, un énorme rebondissement vient d’avoir lieu avec les arrestations de Macoumba Dièye et Yame Dièye. Une affaire qui risque de rallumer les flammes de la contestation qui ne sont pas forcément éteintes.
Comme pour montrer que son agenda n’est pas le même que celui des autres, la police qui, jusque-là continuait ses investigations, a pris dans ses filets ces deux «gros bonnets» du secteur de la pêche. Yame Dièye, qui est un pêcheur âgé à peu près d’une cinquantaine d’années, très connu à Guet-Ndar mais aussi très influent à cause de ses prises de position parfois radicales sur certaines questions, est également porte-parole de l’Union régionale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (Upras), un démembrement de l’Union nationale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (Unpas). Un grand regroupement de pêcheurs et autres acteurs de la pêche très représentatif et qui compte en son sein plus 3000 membres. Et Macoumba Dièye est le président de la structure citée ci-haut au niveau régional et il en est le premier vice-président au niveau national. Cette structure a organisé, ces deux dernières années, deux grands rassemblements à Saint-Louis pour alerter sur les problèmes de la pêche que sont entre autres les difficultés liées à la délivrance des licences de pêche, les tracasseries dont sont victimes les pêcheurs de la part des garde-côtes mauritaniens et le dragage et le balisage de la brèche pour mettre fin aux nombreuses pertes en vies humaines provoquées par les accidents répétés de pirogues.
Aujourd’hui, la police essaie de reformer les pièces du puzzle dans le calme. Une rumeur persistante avait fait état depuis quelques jours de messages vocaux qui auraient été échangés via WhatsApp dont les deux mis en cause auraient été soit les auteurs soit les relayeurs. Ces massages qui annonçaient la veille des manifestations une chaude journée du mardi seraient le biais par lequel les jeunes auraient été invités à manifester violement. Après les manifestations, la police aurait cherché à mettre la main sur ces deux individus. En vain. Les hommes du commissaire Bécaye Diarra ont donc pris leur mal en patience pour enfin leur mettre la main dessus suite à une convocation à laquelle ils ont déféré. Ils ont été placés en garde à vue avant sans doute qu’ils ne soient au Parquet de Saint-Louis aujourd’hui. Ils risquent de rejoindre en prison les 31 personnes placées sous mandat de dépôt quelques jours après les manifestations, qui ont provoqué le saccage du centre des archives et de documentation de l’Omvs, d’une agence de la Senelec de la Vieille ville et d’autres biens appartenant à des particuliers. Ces dégâts avaient été estimés à plusieurs dizaines de millions de francs Cfa.

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