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Le Haut conseil du dialogue social (Hcds) compte s’impliquer pour une large concertation sur le phénomène de l’émigration clandestine. Lors de la clôture de l’atelier sur le renforcement de capacités des membres du Hcds en médiation hier à Saly, la présidente de cette institution a annoncé l’organisation d’une concertation nationale sur l’émigration clandestine regroupant tous les acteurs. Le premier jalon sera posé par la présidente du Hcds avec une visite chez les parents des victimes.  

Le Haut conseil du dialogue social (Hcds) va organiser bientôt une  médiation  concernant ce phénomène de l’immigration clandestine. Hier lors de l’atelier  sur le renforcement de capacités des membres du Hcds en médiation, Mme Innocence Ntap Ndiaye, la présidente de ladite institution, a dessiné les contours de cette large concertation. «C‘est plus qu’une médiation. C‘est  d’abord une concertation au niveau national. Nous sommes en train d’étudier cette problématique avec beaucoup de distance mais aussi beaucoup de proximité. Les victimes ce sont des jeunes, nous allons  venir présenter nos condoléances aux familles des victimes mais aussi essayer de comprendre pourquoi ils partent. Je pense qu’il y a une approche qu’il faut supprimer dans la société et cela requiert un travail de dialogue, de concertation, de discussions», a relaté la présidente du Haut conseil du dialogue social.
Selon Mme Innocence Ntap Ndiaye, la mission du gouvernement ce n’est pas de donner du travail aux jeunes. «Son rôle, c’est de créer un cadre qui puisse permettre la productivité, qui puisse  faire que les organisations d’employeurs qui sont membres du haut conseil puissent donner du travail. Est-ce que ce cadre existe ? Un cadre incitatif qui puisse intéresser les demandeurs d’emploi à venir pour être orientés», a déclaré Mme Ndiaye.
Cette dernière est convaincue que la question du chômage ne doit pas être aussitôt la réponse à l’émigration car il y a des questions sociétales qui dépassent la question du chômage ; d‘où la nécessité  d’organiser le dialogue.
Cette rencontre va réunir des organisations de jeunes venus de zones de départ, le Haut conseil du dialogue social, les parents, les religieux, entre autres. «Ils vont nous dire les raisons qui les motivent. Nous allons certainement auditionner les parents également pour comprendre un peu le phénomène. Les religieux sont concernés, donc c’est une véritable  concertation nationale qu’il faut avoir sur la question», fait savoir la présidente du Hcds. Elle a également suggéré aussi qu’au niveau  international que les accords avec les pays soient revisités. «Pour  voir ce que ces pays offrent aussi, si ça ne vaut pas le coup ce n’est pas la peine de partir. J’ai été saisie par les Iles Canaries -il y a eu beaucoup de départs pour les Iles Canaries- et une Ong  qui est  aux Iles Canaries m’a demandé si on ne pouvait pas faire quelque chose sur l’émigration. Ma porte est ouverte, toutes les questions qui peuvent avoir des conséquences sur  la stabilité sociale nous interpellent», a conclu Mme Innocence Ntap Ndiaye.
Revenant sur le thème de l’atelier, la présidente du Haut conseil du dialogue social a précisé les objectifs de cette rencontre. Selon elle,  le Hcds veut faire en sorte que les relations sociales soient apaisées, que ça soit en période normale ou en période de crise sanitaire. «Ce que nous connaissons comme conflits de travail est exceptionnel. On s’est rendu compte que par rapport au Covid-19, que pour une thématique aussi importante que le télétravail, il n’y a pas de législation. Tout ça nécessite une offre sociale que le Haut conseil à travers ses instances va faire aux différents mandants, au gouvernement, pour essayer d’améliorer les conditions des travailleurs et également de réduire les conflits qui pourraient naître de ces incompréhension», a précisé la présidente du Hcds.
Dans le domaine du dialogue social, elle a magnifié le cas du Sénégal dont l’expérience est appréciée dans la sous-région. «D‘abord par le chef de l’Etat qui a fait des concertations, il a également pris des ordonnances après il a demandé qu’on ne licencie pas les travailleurs durant la période où l’ordonnance est en vigueur ; autant d’innovations majeures. D‘autres pays se sont inspirés du Sénégal, mais toujours est-il qu’il y a d’autres qui sont en avance sur la réglementation surtout en matière de chômage technique. Donc, il va falloir faire du benchmarking», a suggéré la présidente du haut conseil du dialogue social.

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