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Mamadou Lamine Faye, père du petit Doudou, décédé en mer alors qu’il voulait rejoindre l’Espagne via une pirogue, a été condamné hier par le Tgi de Mbour à 2 ans de prison dont 1 mois ferme. Il est rentré chez lui après avoir purgé sa peine. Mais sa vie ne sera plus la même après cette tragédie dont il a été acteur.

Il a retrouvé hier sa famille dans une ambiance qui ne sera jouissive. Le Tribunal de grande instance de Mbour a rendu son verdict hier dans l’affaire du père de Doudou, décédé durant sa périlleuse tentative de rallier l’Espagne à travers une pirogue. Mamadou Lamine Faye, qui a écopé de 2 ans de prison dont un mois ferme, a été condamné pour mise en danger de la vie d’autrui. Il a été relaxé des chefs d’accusation de complicité de trafic de mi­grants. Le Tribunal a également condamné ses co-inculpés Keïta Lô et Alioune Dieng à la même peine.
Il était arrivé au Tribunal accablé par la douleur d’avoir perdu un enfant. Lors de son procès, le père de Doudou, devenu le visage tragique de la dernière vague de l’émigration clandestine, a clamé son innocence. Même s’il assume sa peur de responsabilité dans sa stratégie. «J’ai payé au passeur pour que mon fils aille en Espagne. Il était âgé de 16 ans. Pour le voyage, j’ai payé à Maodo Guèye la somme de 250 mille. Si je savais que mon fils allait perdre la vie, je n’aurais jamais dû mettre mon argent dans ce voyage. Il y a beaucoup de jeunes qui sont partis. Aujourd’hui si c’était à refaire, je n’allais pas le faire. Je n’ai pas informé sa mère. J’avais voulu lui faire une surprise. J’attendais que Doudou arrive à destination avant de l’informer d’autant plus que je suis le responsable de la famille», dévoile Mamadou Lamine Faye. Comment avez-vous appris son décès ? «Il y a l’un des rescapés qui m’a informé. Avant d’arriver aux îles Canaries, la pirogue a eu des problèmes et les a poussés à rebrousser chemin. Et c’est au moment du retour que Doudou a perdu la vie après un malaise. Depuis lors si je vous dis que je suis normal, je vous mentirai. Je l’ai inscrit à l’école coranique et française.» Sa défense est très simple : il voulait offrir à son gamin un destin de gloire en investissant sur son talent de footballeur. «Il avait 16 ans. Il avait beaucoup de talent en football. Il a évolué à l’Institut Diambars. Je voulais juste lui ouvrir les portes du succès. Je l’ai amené voir des marabouts pour qu’ils lui fassent des prières. Si je savais qu’il allait y rester, je n’aurais jamais pris le risque. Je suis devant vous, mais mon esprit n’est plus avec moi. Nombre de ses camarades sont partis. La pêche ne nourrit plus son homme. Je ne voulais pas prendre le risque d’enlever à mon fils la chance de réussir. Je ne voulais pas le laisser finir comme moi. Avec tout ce que j’ai vécu, cette histoire reste un cauchemar», relate Mamadou Lamine Faye. Même en étant libre, il ne sera plus le même père de famille avec la disparition de Doudou.

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