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C’est un exercice auquel les Sénégalais ne sont pas habitués. Mais le premier acte du «Gouvernement face à la presse» a permis aux populations d’entendre les explications de leur gouvernement sur les questions qui rythment leur quotidien. De l’émigration clandestine qui endeuille de nombreuses familles , en passant par la politique d’emploi, la polémique sur les Dipa, la lutte contre le Covid-19, les ministres concernés ont servi un plat que chacun peut déguster à sa manière. Est-ce suffisant ? Bien sûr que non ! Il y a tellement de défis à relever pour permettre à ces jeunes de rêver à façonner leur destin chez eux.

Assome Aminata Diatta a longuement épilogué hier sur l’importation des 150 mille tonnes de sucre qui défraie la chronique. «Les quantités de sucre importées au titre des Déclarations d’importation des produits alimentaires (Dipa) sont de 173 mille tonnes. Sur cette quantité, 107 mille tonnes sont importées par des industriels», a précisé d’emblée le ministre du Commerce et des Pme à la conférence de presse initiée par le gouvernement. A l’en croire, une entreprise qui produit du chocolat a par exemple besoin d’un autre sucre que celui fabriqué par la Compagnie sucrière sénégalaise (Css), et doit par conséquent l’importer. Cependant pour ce faire, cette entreprise doit disposer d’une attestation du ministère de l’Industrie à travers la direction du Redéploiement industriel, laquelle va évaluer les besoins de l’entreprise pour pouvoir bénéficier de la Dipa. Sur la base de l’attestation, cette entreprise se rend au ministère du Commerce pour bénéficier de cette Dipa, qui est gratuite, pour faire l’importation.
«Il y a 66 mille tonnes mises à la consommation directe. Sur ce chiffre, il faut enlever le quota distribué aux populations par le chef de l’Etat comme assistance lors de la pandémie. Aussi, 20 mille tonnes sont attribuées à la Css. Aujourd’hui ce dont on parle, ce sont ces 20 mille tonnes importées par la Css qui n’ont pas pu être écoulées sur le marché», a expliqué Assomme Aminata Diatta. Le ministre a rappelé que la Css n’est pas en mesure de satisfaire les besoins du marché local en sucre. Son ministère, qui a en charge l’approvisionnement correct du marché, vérifie les stocks dont dispose la Css. Ce qui lui permet d’anticiper sur le gap de production en tenant compte des besoins de consommation en sucre. Une fois ce gap déterminé, ses services proposent une répartition du quota entre la Css qui a toujours le plus grand lot et les importateurs. Ensuite, les services techniques notifient aux «quotataires» les quantités qui leur sont allouées et ces derniers s’approchent des services pour avoir leur Dipa.
Le ministère du Commerce est certes chargé de l’approvisionnement correct du marché, «c’est aussi et surtout le médecin de famille des entreprises sénégalaises», indique Assome A. Diatta. «Comment peut-il se permettre de détruire l’un des fleurons de notre économie, notamment la Css qui a une histoire avec le Sénégal», a-t-elle voulu émouvoir, allant jusqu’à déclarer sa compassion aux travailleurs de la Css et à leurs familles. «S’ils font des marches, c’est parce qu’ils sont inquiets. Mais je leur réaffirme la disponibilité du ministère à travailler étroitement avec la compagnie pour trouver une solution.» Une manière «Trum­pienne» de reconnaître un problème sans en assumer la responsabilité. Pour éviter à l’avenir cette «situation récurrente», son département a décidé de rendre effective la dématérialisation de la Dipa qu’elle avait longtemps refusé de mettre en œuvre. Mme Diatta estime que cette procédure permettra de mieux contrôler et de rendre plus facile et transparente l’attribution de ces documents. Ce qui permettra d’éviter, à l’avenir, les contestations. Dans le même ordre d’idées, le ministre du Commerce a invité la Css et tous les acteurs du secteur à une large concertation sur le secteur pour lever toute équivoque et trouver des solutions définitives auxquelles fait face ce secteur.

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