PARTAGER

Arrivée hier à Dakar dans le cadre d’une visite de 48h, la Chancelière allemande a été interpellée sur la situation des 1100 Sénégalais menacés d’expulsion en Allemagne. «Un sujet très difficile», a admis Angela Merkel, qui a promis aussi un programme d’électrification dans 300 villages.

La question de l’émigration clandestine suit partout Angela Merkel. La Chancelière allemande -contestée par l’extrême droite dans son pays pour son ouverture aux migrants- est arrivée hier à Dakar avec un autre dossier tout aussi épineux dans ses bagages. Et lors d’une conférence de presse conjointe, Macky Sall lui a fait savoir que des 6300 Sénégalais établis dans le pays de Goethe, 1 100 sont dans une situation irrégulière et donc menacés d’expulsion. «Ils font l’objet de traitement et les deux gouvernements travaillent de façon responsable sur l’identification avec beaucoup de lucidité et d’humanisme. Une fois qu’ils seront identifiés, nous verrons si l’Allemagne peut offrir un cadre d’accueil et non l’asile parce que le Sénégal n’est pas un pays en guerre ou une sombre dictature», a déclaré le Président sénégalais. «C’est un sujet très difficile», a répondu la dirigeante allemande sans pour autant préciser les mesures concrètes que Berlin réserve à ces Sénégalais. «Nous travaillons de façon très détaillée sur ces sujets. Et d’un point de vue allemand, je comprends tout à fait que nous devons lutter contre la situation d’irrégularité en favorisant des possibilités légales avec des emplois sur place et d’obtention de visas», a plaidé Mme Merkel. En tout cas, la solution à cette question dépend du gouvernement allemand, souligne M. Sall qui, dans l’éventualité d’une expulsion, propose «un retour qui respecte la dignité des migrants de façon à assister ces personnes qui sont dans le cas d’irrégularité».

Macky à Idy : «Je ne savais pas que j’avais autant de pouvoir d’être responsable de l’émigration clandestine»
Dans son message de vœux de Tabaski, Idrissa Seck a désigné Macky Sall comme le responsable de l’émigration clandestine pour son «incapacité à offrir une alternative aux jeunes». En réplique, le chef de l’Etat a ironisé : «Je ne savais pas que j’avais autant de pouvoir d’être responsable de l’émigration clandestine.» M. Sall jure que son combat consiste à trouver des solutions pour la jeunesse sénégalaise. Il a rappelé les objectifs de la Délégation à l’entreprenariat rapide (Der) qui a récemment octroyé des financements à 15 mille jeunes sénégalais porteurs de projets. «Nous devons combattre l’émigration clandestine en même temps nous devons travailler avec l’Europe pour plus de liberté dans la circulation et que cela soit une émigration normalisée», a insisté le Président Sall.
Cette posture ne signifie nullement «être complices des réseaux de passeurs», selon Macky Sall dénonçant les pratiques des «trafiquants qui exploitent la misère des gens et animent le trafic d’êtres humains. Nous sommes aux côtés de tous ceux qui combattent ces réseaux criminels de trafic de migrants». Selon Macky Sall, le Sénégal, à l’instar de la plupart des pays africains, «vit avec beaucoup de douleur l’émigration clandestine avec son lot de morts». Par ailleurs, Dakar et Berlin ont paraphé une convention pour l’électrification de 300 villages du Sénégal par voie solaire.
bgdiop@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here