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Le village de Toubacouta est en deuil. Son ex-chef est décédé hier au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Il a été arrêté dans le cadre de l’enquête liée au massacre de 14 individus survenu le 6 janvier 2018 dans la forêt de Bofa-Bayotte. Diligentée par la Section de recherches de la Gendarmerie nationale de Colobane et menée de main de maître par son ancien patron le colonel Issa Diack, elle avait permis d’abord l’arrestation d’une première vague de 16 individus à Toubacouta dont faisait partie le chef de village de l’époque Seyni Sané. Transféré par la suite à Dakar quelques semaines plus tard avec d’autres inculpés, Seyni Sané, né en 1938 à Toubacouta, était depuis, selon ses proches, d’une santé fragile. Evacué il y a quelques jours au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, l’homme y suivait des soins médicaux. Après cinq jours dans le coma, M. Sané a rendu l’âme hier. Selon des membres de sa famille, il sera enterré ce vendredi dans son village natal de Toubacouta.
Il faut rappeler que le samedi 6 janvier 2018, un groupe de plus d’une vingtaine de coupeurs de bois a été pris à partie par des assaillants armés, dans la forêt de Bayotte Est. Une attaque effroyable qui avait fait, selon la gendarmerie, «14 morts et 7 blessés et trois personnes qui réussiront à s’échapper indemnes». L’enquête ouverte à la suite de ce drame et les premières auditions effectuaient ont révélé que «les victimes sont tombées dans une embuscade tendue depuis les premières heures du 6 janvier 2018». Dans ce piège, elles «ont été regroupées, couchées par terre et sauvagement exécutées».
Ce drame qui était intervenu à un moment où une certaine accalmie était notée dans cette région, minée par une guerre qui dure depuis plus de 30 ans, avait ému le Peuple sénégalais. Juste après ce drame, le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) a été indexé, mais les responsables ont très vite démenti, niant toute implication dans cette affaire. Un sujet sur lequel les autorités ne se sont pas attardées vu sa sensibilité. L’Armée avait, après le drame, entamé une vaste opération de ratissage pour retrouver les auteurs de ce carnage et faire la lumière sur cette affaire. Les investigations menées n’ont pas tardé à donner des résultats. Une semaine après le drame, 22 personnes ont été arrêtées. A la suite des auditions effectuées par la gendarmerie, 16 personnes ont été placées sous mandat de dépôt et les 6 autres libérées. Les personnes inculpées sont poursuivies pour quatre chefs d’inculpation : association de malfaiteurs, assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel et détention d’armes à feu sans autorisation.

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