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«Aujourd’hui, les civilités vis-à-vis de l’Apix sont terminées. Dans les quatre jours qui suivront, s’il n’y a pas de réactions positives et rassurantes, les résidents de la Cité Iba Ndiaye Diadji et de toutes les cités environnantes vont assumer toute leurs responsabilités.» Telle est la mise en garde lancée samedi par les habitants de la Cité Iba Ndiaye Diadji de Mbao. Pris en étau entre pollution sonore et atmosphérique, inondation des maisons, fermeture de l’unique voie d’accès menant à la route nationale et implantation d’une centrale, les résidents ont déversé leur colère à travers une vaste mobilisation. «Aujourd’hui, la cité est assise sur une bombe à retardement depuis le début des travaux du Ter. Ses populations sont en train de vivre un calvaire qui ne dit pas son nom. Il s’agit en effet d’un ensemble de problèmes qui entravent la vie de ses habitants et ceux des quartiers environnants», a fait savoir Médoune Chimère Ndiaye, porte-parole du jour. Des impacts négatifs qui viennent plonger encore leur terroir pas au mieux dans l’insécurité et l’enclavement. «Tout le monde sait que la Cité Iba Ndiaye Diadji a été implantée sur une zone inondable et ne dispose pas de réseau d’assainissement. On éprouvait d’énormes difficultés pour l’évacuation des eaux pluviales. La route tracée pour le Ter et la centrale électrique en construction surplombent la cité, aggravant ainsi les inondations ; les rues et les maisons sont envahies par les eaux», a-t-il déploré. Le calvaire des eaux est amplifié par les eaux pompées à partir de la mairie de Mbao et déversées à hauteur de la cité. Accéder à la cité en provenance de la route nationale est devenu un vrai labeur. Pneus et briques superposés servent de passage obligé pour les piétons alors que les voitures font un détour improbable pour sortir. «Le Ter nous terrorise et risque de nous enterrer. L’activité économique des femmes est en récession. Nos braves dames qui entretenaient des commerces sont les plus impactées parce qu’elles n’osent pas se risquer à enjamber des briques et des pneus pour vaquer à leurs activités», a déploré Mme Diouf, parlant au nom des femmes. «Les maladies pulmonaires atteignent des proportions inquiétantes. Les habitants inhalent à longueur de journée de la poussière rouge parce qu’ils n’arrosent pas. C’est parce qu’il a plu que vous ne sentez pas aujourd’hui la poussière», a aussi décrié M. Ndiaye, le porte-parole. La colère de ces habitants, constitués en majorité d’enseignants, est d’autant plus grande qu’aucune information ne leur est parvenue sur ce qui se fait sur leur terroir ; et ce, malgré des correspondances envoyées. «Nous avons adressé deux lettres au directeur de l’Apix. En effet, la seconde a été déposée le 17 avril 2018 par le Sudes (syndicat auquel ils sont affiliés) avec des ampliations au préfet de Pikine, au sous-préfet de Thiaroye et à la commune de Mbao sans aucune réponse», a regretté le porte-parole, faisant d’une «passerelle à hauteur de la cité» une forte exigence. Regroupés en un collectif, les protestataires promettent de passer à la vitesse supérieure dans les 4 jours si l’Apix persiste dans ce mutisme synonyme d’irrespect à leur égard.
abndiaye@lequotidien.sn

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