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Les transformatrices de poissons sont inquiètes. Elles craignent que la centrale à charbon n’ait un impact sur leur travail à cause des eaux infectes qu’elle rejette.

Les craintes nourries par les transformatrices de produits halieutiques par rapport à la cohabitation avec la centrale à charbon commenceraient-elles à se matérialiser par des effets ? En tout cas, elles sont dans l’angoisse suite à des désagréments causés par des eaux en provenance de la centrale à charbon et contenant une «substance noirâtre». «On a toujours dit que quand la centrale commencera à produire, on va subir les conséquences et aujourd’hui c’est le début de nos problèmes», a rappelé lundi Fatou Samba, présidente des transformatrices de Khelcom. «Ce matin (hier), nous avons vu de l’eau usée qui a inondé le site et qui est à l’origine de la destruction de plus de 200 cageots de poissons fumés, appartenant aux femmes qui travaillent ici», a-t-elle fait savoir. «Nous ne savons pas quelles composantes se trouvent dans cette eau en provenance des installations de la centrale à charbon. Nous avons peur pour l’avenir du site (de transformation), car les produits que nous transformons ici sont destinés à la consommation des populations locales et celles de la sous-région», a-t-elle poursuivi. Selon elle, les impacts de cette émission d’eau noirâtre se font même ressentir sur l’écosystème marin. «On a vu des crabes, des crevettes et des petits poissons qui sont morts», a-t-elle dit, dénonçant un non-respect vis-à-vis des populations. «Pour tirer l’eau de la mer, ils ont créé une canalisation sur un circuit bien fermé. Mais pour ce qui doit être déversé après usage dans la centrale, on voit qu’ils ne s’en intéressent pas. On subit le rejet de cette eau intoxiquée», a ainsi regretté Mme Samba, par ailleurs conseillère municipale. Les femmes de Khelcom, qui avaient accepté malgré elles la cohabitation avec la centrale, exigent le respect de leurs droits. «Nous avons fait appel à un huissier pour qu’il constate les dégâts. Nous sommes des femmes vulnérables et nous n’avons pas d’autres sources de revenus à part la transformation des produits halieutiques. Nous irons jusqu’à là où notre droit s’arrête», a-t-elle assuré, annonçant pour ce faire une plainte contre la centrale à charbon. Interpellée sur cette question, la direction de la centrale a promis de réagir prochainement.
abndiaye@lequotidien.sn

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