PARTAGER

La pandémie du Covid-19 qui sévit depuis plus de trois mois a bousculé beaucoup de certitudes dans le fonctionnement de nos écosystèmes. En effet, cette crise qui a confiné, en quelques semaines seulement, plus de 2,6 milliards de personnes, a déstructuré toutes les sociétés en réduisant la mobilité des biens, des personnes et des capitaux, tout en paralysant les chaînes de production et d’approvisionnement au niveau mondial.
Selon les prévisions, toutes les économies connaîtront des décroissances de leur Pib qui sera de l’ordre de 3% au niveau mondial et de plus de 4% pour l’Afrique, entraînant ainsi la dégradation des indicateurs macro-économiques (déficit des finances publiques, inflation, chômage, pauvreté, etc.).
Face à cette situation exceptionnelle, la plupart des Etats ont tenté d’apporter des réponses adaptées aux réalités de leur pays afin d’absorber le choc exogène engendré par cette pandémie.
C’est dans ce sens que le Président Macky Sall a très tôt pris des mesures fortes mais graduelles pour maîtriser le rythme de propagation du virus dans notre pays.
Ainsi, les premières décisions visaient à enfermer notre pays dans une quasi autarcie avec la fermeture de toutes les frontières.
Mais tenant compte de la réalité de notre économie, fortement dominée à 97% par le secteur informel, le président de la République a pris une deuxième génération de mesures d’assouplissement, visant à endogénéiser le virus (vivre avec le Covid) afin de permettre une reprise progressive et sécurisée des activités économiques.
Toutes ces batteries de mesures prises dans le cadre de la gestion de la pandémie sont à saluer, parce que nous sommes dans une situation de crise inédite qui appelle à une gestion dynamique, évolutive et intelligente.
Cette crise est une rupture de la normalité et l’un des grands enseignements du Covid, est que tous les Etats sont dans un processus d’apprentissage, dans un environnement où la seule certitude est l’incertitude.
Le Covid-19 c’est également un puissant révélateur de la fragilité de nos systèmes de santé, de production et de consommation, liés à une forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Par conséquent, cette crise interpelle tous les Etats sur la nécessité de repenser la gouvernance mondiale qui, impérativement, fait appel à un nouvel ordre mondial, centré sur l’humanité.
Au niveau national, cette crise a révélé l’impérieuse nécessité de renforcer davantage notre résilience économique et sociale, en augmentant le volume d’investissement dans des secteurs prioritaires tels que la santé, l’agriculture, l’éducation et l’industrialisation. Dans ce sens, le Pse post-covid qui est en gestation doit donner une priorité absolue aux secteurs ayant des effets multiplicateurs d’activités économiques assez élevés. Il s’agit notamment du secteur des transports, du tourisme, des Btp, du numérique et de l’artisanat.
L’autre sur-priorité est de poursuivre les efforts d’investissements dans le secteur agricole afin d’assurer notre souveraineté alimentaire.
Notre pays doit également accélérer son processus d’industrialisation, déjà entamé, avec la multiplication de pôles industriels dans les régions naturelles en mettant à profit les potentialités éco géographiques de chaque territoire.
The last but not the least, le domaine de la recherche-développement, devrait être renforcé, en relation avec les autres Etats du continent africain, en y consacrant 3% du Pib pour son financement. En effet, le Covid a montré que l’Afrique doit disposer d’une grande firme pharmaceutique pour assurer sa souveraineté sanitaire.
Enfin, pour relever ces défis, notre pays doit pouvoir compter sur la qualité de ses ressources humaines, le civisme et le patriotisme, mais aussi l’engagement et la discipline afin de construire notre cher Sénégal que nous aimons tous et qui transcende tous les clivages.
Apprenons à «endogénéiser» le Covid-19 et préparons-nous au rendez-vous du futur.

Mamadou Al hadji LY
Responsable Apr Parcelles Assainies
Coordonnateur adjoint des cadres de l’Apr de Dakar en charge de l’arrondissement des Parcelles et coordonnateur de la Ccr des Parcelles assainies

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here