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Poignée de main entre Mme Louise Cord et Baba Diallo hier, à la cérémonie de signature du contrat de financement.

La Banque mondiale, avec Carbone initiative-développement (Ci-dev), va soutenir environ 250 mille ménages sénégalais pour couvrir une partie des coûts de raccordement à l’électricité. Pour cela, elle a décidé de mettre à la disposition de l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser) une enveloppe d’environ 5 milliards de francs Cfa.

Les populations en milieu rural ont d’énormes difficultés pour accéder à l’électricité. Entre autres facteurs, il y a les frais de raccordement qui sont jugés trop élevés par beaucoup de clients potentiels.
Face à cette situation, la Banque mondiale a décidé d’allouer un financement d’environ 5 milliards de francs Cfa à l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser). Le directeur des opérations de l’institution de Bretton woods, Mme Louise Cord, et le directeur général de l’Aser, Baba Diallo, ont signé hier le contrat de financement dans les locaux de la banque.
«La Banque mondiale va ainsi soutenir environ 250 mille ménages pour couvrir une partie des coûts de raccordement. Il est en effet prévu l’octroi de subventions sous forme de coupons/bons aux ménages ruraux dans les zones de concession qui seront remis aux concessionnaires privés par les ménages pour couvrir une partie des coûts de raccordement. Une fois que le ménage remet le coupon au concessionnaire, ce dernier récupère la valeur auprès de l’Aser», explique  Mme Cord. Le directeur des opérateurs de la Banque mondiale ajoute que «le fait de remettre des coupons aux ménages au lieu de demander directement aux concessionnaires de réduire les charges de raccordement sert à atteindre deux objectifs essentiels». Ce système, souligne-t-elle, «permet d’abord de renforcer l’autonomie des ménages en leur donnant le choix d’opter pour certains niveaux de services. Ensuite, il crée une opportunité pour les ménages de souscrire immédiatement à des services auprès des concessionnaires, puisque les coupons/bons peuvent devenir caducs après une certaine durée».
D’une manière générale, considère Louise Cord, «le schéma est censé créer une demande et accélérer le rythme des raccordements s’il est bien mis en œuvre et adossé sur une bonne communication». Mieux, précise le directeur des opérations, «avec ce programme, les con­ces­sionnaires vont tirer profit en ce sens qu’ils vont bénéficier d’un plus grand nombre de raccordements, ce qui va renforcer davantage la durabilité des con­ces­sions. Le gouvernement, notamment le ministère de l’E­ner­gie et l’Aser, va aussi tirer profit d’une hausse du taux de l’électrification rurale comme contribution aux efforts de réduction de la pauvreté dans le pays».
Ce programme intervient dans un contexte où l’Etat du Sénégal veut faire de l’électrification rurale un axe prioritaire de sa stratégie d’émergence déclinée dans le cadre du Plan Sénégal émergent (Pse). Avec comme objectif l’accès universel à l’électricité en 2025 et l’atteinte d’un taux d’électrification de 60% à moyen terme.
Cependant, soutient Baba Diallo, «l’atteinte de ces objectifs ne peut se faire qu’à travers la mobilisation d’importantes ressources financières pour la facilitation de l’accès aux services électriques des ménages ruraux très souvent affectés par la pauvreté». C’est pourquoi, estime le directeur général de l’Aser, ces ressources attendues «permettront à coup sûr à l’atteinte de ces objectifs».
La Banque mondiale relève que près de 75% de la population en milieu rural n’a pas accès à l’électricité et fréquente des services sociaux de base comme les centres de santé ou les écoles qui ne sont pas électrifiés pour la plupart.
dialigue@lequotidien.sn

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