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Senelec et Africa 50 ont signé hier un contrat d’achat d’énergie avec la centrale de production d’énergie indépendante (Ipp en anglais) de 120 Mw de Malicounda. Le coût global de ce projet dont le premier Mw est attendu en début 2019 est estimé à 125 millions d’euros, soit environ 82 milliards de francs Cfa.

Le directeur général de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé, a signé hier avec Edouard Dahome, représentant du Dg d’Africa 50, un contrat d’achat d’énergie de la centrale Ipp de Malicounda. D’une capacité de 120 Mw, l’ouvrage va coûter 125 millions d’euros, soit environ 82 milliards de francs Cfa. Cependant, Makhtar Cissé semble avoir signé sans conviction. «La question fondamentale qui m’a été posée et reposée et à laquelle j’ai résisté pour ne pas répondre, parce que je n’avais pas la réponse, parce que je ne vous connaissais pas et je ne vous faisais pas trop confiance pour dire la vérité, je ne fais qu’obéir au chef de l’Etat qui nous a donné des instructions afin de travailler avec vous. Mais la question que tout Senelec se pose c’est : qu’est-ce qu’ils font là ? Qu’est-ce qu’ils nous apportent ? Ils ont tous posé la question : Mais Dg, pourquoi vous les accepter ?», a rapporté M. Cissé avant la signature du contrat. Toutefois, estime M. Cissé, le Sénégal, pays pionnier dans l’intégration africaine de façon générale et dont les autorités ont toujours tenu à être les leaders, se doit d’accompagner la Banque africaine de développement (Bad) qui a créé ce fonds (Africa 50) pour promouvoir l’investissement privé dans le développement des infrastructures en Afrique. Membres de la Bad et actionnaire d’Africa 50, l’Etat du Sénégal se doit, selon Makhtar Cissé, de prendre les premiers risques pour permettre aux autres de faire confiance à Africa 50 et de lui permettre de se développer. «Si ce fonds se développe, beaucoup de pays africains pourront en bénéficier pour le développement de leur tissu infrastructurel. C’est pour cela que nous avons fait le saut en cobaye», a expliqué le patron de la Senelec. Il promet que sa structure va rester leader dans la promotion de l’intégration africaine. Et puisque les idées généreuses ont un coût, lui et ses collaborateurs ont accepté en espérant obtenir une réponse positive de la part d’Africa 50 à la question que tous les sénélécois se sont posé. «Mais pour vous avoir côtoyé pendant ces mois, j’ai appris à apprécier votre expertise. Je crois que le résultat ne nous décevra pas», se persuade-t-il.
La construction de l’infrastructure va durer 24 mois dont 6 de développement. «A la fin de la durée contractuelle, la centrale sera cédée à Senelec», a confié le directeur de la production Thierno Kane. Senelec, Africa 50 et le groupement Malec power sont parties prenantes du projet dont le premier Mw est attendu en début 2019. Au-delà de son apport financier dans le développement du projet, Africa 50 pourra participer, selon Edouard Dahome, au financement de manière anticipée d’une partie des coûts de construction afin de permettre à Malec power de démarrer les travaux de construction plutôt, sans attendre le bouclage financier avec les bailleurs de fonds internationaux pour tenir le calendrier ambitieux. Réalisé, ce projet va participer à la réduction des factures d’électricité des ménages et entreprises.
«La centrale sera d’un apport déterminant dans notre offre de services et pour le développement de la localité de Malikounda. Les objectifs sont d’accélérer la cadence de réalisation et d’avoir un meilleur tarif par la mobilisation de financements compétitifs», a dit Makhtar Cissé.
ksonko@lequotidien.sn

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