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Mettre la recherche au service du système de santé : C’est la volonté de l’Association sénégalaise des professionnels de la santé publique. Les médecins et autres praticiens de la santé publique qui tiennent actuellement leurs 2èmes journées veulent travailler en partenariat avec le ministère de la Santé pour améliorer la santé des populations et ainsi booster les indicateurs dans les différents programmes phare du ministère.

Faire une recherche utile, adaptée aux besoins des populations et utilisable immédiatement : C’est le vœu de l’Asso­ciation sénégalaise des professionnels de la santé publique. Lesquels veulent rompre d’avec une vieille habitude consistant à mener en solo des recherches qui, selon Anta Tall Dia, présidente de l’Association, ne profitent pas au système de santé. Le thème de leurs 2èmes journées est d’ailleurs centré sur cette problématique, à savoir «l’utilisation des résultats de la recherche pour le renforcement du système de santé». Pour ce faire, les médecins et autres professionnels de la santé publique ont invité les programmes phare du ministère de la Santé et de l’action sociale. Il s’agit du Program­me national de lutte contre le paludisme, le Programme de lutte contre l’infection à Vih et les Ist, le Programme contre la tuberculose, la lutte contre les maladies non-transmissibles et le Programme de la santé de la mère, de l’enfant et du nouveau-né.
Ils ont ainsi identifié et noté des sujets de recherche au niveau de chaque programme. Ces professionnels comptent dans un second temps investir ces champs de recherche. Et la présidente de l’Association sénégalaise des professionnels de la santé publique invite le ministère de la Santé et de l’action sociale, dans le cadre d’un partenariat, à partager les gaps au niveau des programmes cités. «Ces gaps pourraient être comblés par les résultats de nos recherches et, en tant que chercheurs, nous allons y axer nos recherches, nos thèses de master, que ce soit les thèses de médecine, pharmacie dentaire, les PhD en santé publique», s’engage la président Anta Tall Dia. Une recherche opérationnelle qui soit utile et utilisée par le ministère pour améliorer la santé des populations.
Déjà, des défis ont été identifiés dans les programmes cités, notamment le taux de prévalence de la tuberculose qui, même s’il a connu une baisse, reste encore assez élevé avec 122 cas pour 100 mille habitants. Il y a aussi «l’atteinte des trois 90 pour le programme Sida, la gestion transfrontalière du paludisme, l’adhésion en masse des populations dans les mutuelles de santé et la disponibilité des médicaments en qualité et en quantité, mais également l’amélioration du service d’accueil dans les structures de soins», liste Dr Aloyse Diouf, directeur de Cabinet du ministère de la Santé et de l’action sociale.
Cette nouvelle orientation des professionnels de la santé publique a été faite à la suite d’un constat. «Au Sénégal, on utilise très peu les résultats de recherches dans les politiques de santé publique», dit-elle. Et pourtant, la recherche a permis au Programme de lutte contre le paludisme un changement de la stratégie de traitement quand on est passé de la chloroquine aux composés thérapeutiques à base d’arténéminine. «Ce résultat a été obtenu à partir d’une recherche menée au Sénégal par l’équipe du Professeur Oumar Gaye. Nous voulons faire de même dans les autres programmes et voir ce que la recherche pourrait améliorer dans les programmes», souhaite Anta Tall Dia, par ailleurs, médecin-pédiatre, Pro­fesseur de santé publique à la Faculté de médecine. «C’est en fait, renchérit le représentant de l’Oms, une recommandation de son organisation. L’Oms reconnaît l’importance de la recherche. Et d’ailleurs, elle a recommandé aux pays africains d’accélérer la recherche afin de se mettre à niveau pour mieux prendre en compte les préoccupations sanitaires des populations», indique la représentante de l’Oms.
ndieng@lequotidien.sn

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