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Après la saisine du Doyen des juges d’instruction, vendredi, pour une libération d’office, les avocats de Khalifa Sall ont déposé hier une requête devant la Chambre d’accusation pour l’annulation de la procédure.

Khalifa Sall boucle aujourd’hui ses 8 mois de prison dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Ses avocats ont déposé hier sur la table de la Chambre d’accusation une re­quête en annulation de la procédure. Mes Seydou Diagne, Demba Ciré Bathily, Khoureichi Ba et Mamadou Ndiaye l’ont annoncé hier, lors d’un point de presse, rappelant que c’est une 2ème procédure après la saisine, vendredi dernier, du Doyen des juges d’instruction, Samba Sall, pour la libération d’office du député-maire de Dakar. La défense s’appuie sur l’immunité parlementaire de leur client «enfin reconnue par le Parquet et le gouvernement». D’après Me Seydou Diagne, la demande levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa Sall par le procureur constitue un «aveu» et veut dire que des «violations ont été faites par le Parquet, les juges et le gouvernement de la République du Sénégal sur une personne en détention arbitraire». Me Diagne d’en déduire : «On sait que pour poursuivre un député, il y a une procédure qui commence par un point A pour aller à un point B. Cela n’a pas été respecté. Maintenant, dans ce cas de figure, vous ne pouvez plus revenir en arrière pour essayer de corriger comme si c’était un examen ou un exercice. La conséquence directe est que la procédure est nulle.» Les conseils de Khalifa Sall appellent les juges chargés de cette affaire à «prendre leurs responsabilités» et à «ne pas suivre aveuglément le procureur de la Ré­publique dans ses errements, ses erreurs et ses tergiversations».
Par ailleurs, ces avocats ont qualifié de «scandaleuse» la justification du ministre de la Justice selon laquelle la procédure de levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall va dans le sens de la tenue d’un procès. «Une inculpation ne veut pas dire culpabilité. Nous sommes dans cette phase depuis 7 mois. Le juge d’instruction n’a pas encore clôturé son dossier. Il peut délivrer un non-lieu ou aller vers un procès. Et puis, le procureur doit faire son réquisitoire définitif. Ce qu’il ne devrait pas faire avant la levée de l’immunité parlementaire», expli­que Me Diagne. Dans ce sillage, ils préviennent la commission ad hoc de l’Assemblée nationale que Khalifa Sall doit déférer à cette convocation en étant «libre». D’ailleurs, Me Demba Ciré Bathily trouve «inadmissible et indigne que l’immunité d’un parlementaire soit violée et que l’Assemblée nationale soit utilisée pour contourner la violation de la loi».
bgdiop@lequotidien.sn

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