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Dimanche, il faudra se retrousser les manches. Il y aura des destins forclos pour certains, des ascenseurs politiques pour d’autres. Voici une liste d’hommes et de femmes qui jouent leur avenir. Qui jouent gros.

Boun Abdallah Dionne porte le drapeau «national» de la coalition présidentielle. Peu visible et audible, Macky Sall a propulsé son Premier ministre pour défendre son bilan. Avant l’heure. Le préférant à son grand allié de 2012, devenu maigre entre-temps. Quel que soit son résultat, il remettra son poste en jeu. Restera-t-il chef du gouvernement ? Ira-t-il au perchoir à la place de Moustapha Niasse ?

 

Amadou Ba, ministre le l’Economie, des finances
et du plan

Amadou Ba, qui porte le maillot Bby à Dakar, a le délicat défi, parce que moins évident, de battre un maire de la capitale, de surcroît en prison. Mais surtout un impératif pour lui qui joue son avenir politique. Il doit, le 30 juillet, confirmer ses résultats au référendum aux Parcelles Assainies et ceux de Bby dans le reste de la capitale. C’est en ce moment qu’il serait le «maître incontesté de Dakar», comme l’a décrété Dionne jeudi. Et surtout face au maire de Dakar. Mais attention à une défaite qui serait synonyme d’un coup d’arrêt politique et, peut-être, qui pourrait lui coûter son département.

Abdoulaye Wade n’est pas tête de liste nationale de la Coalition gagnante/Wattu senegaal pour lui-même. De son score dépendra aussi l’avenir de son fils Karim. S’il fait moins que Manko taxawu senegaal, il aura donc joué… pour le fils et perdu. Mais surtout le Pds, locomotive de sa coalition, perdra son statut de «principal parti de l’opposition» pour avoir été le seul groupe parlementaire de l’opposition de la 12ème Législature. S’il talonne Bby, il aura prouvé, après la querelle de tête de liste du Mts originel, que Khalifa Sall avait eu «des ambitions irréalistes» en voulant diriger le parti qui «détient la force parmi tous les partis du Sénégal», comme le soulignait le Pape du Sopi dans un entretien avec D-Média à la veille de la campagne.

Khalifa Sall y va pour deux raisons : espérer être candidat à la Présidentielle, mais avant, mettre la pression sur le régime pour obtenir sa libération. Il est favori dans la capitale en tant que maire et peut-être pour sa victimisation. Mais s’il perd Dakar, ce serait une double défaite : devant le Ps et Tanor et devant Macky Sall qu’il souhaite affronter en 2019. Il devra passer ce cap s’il veut taxawu (être debout) pour le Sénégal. Tête de liste nationale de Manko taxawu senegaal, il aura aussi à confirmer dans la capitale pour rester «maître de Dakar» lui aussi, comme le veut son adversaire Amadou Ba qui n’a vu «que» du pavage dans son bilan.

Idrissa Seck est avec Khalifa Sall. Un éventuel score maigre de Mts sur la Nationale serait porté par sa tête de liste nationale, personne morale. Mais il est interdit au leader de Rewmi de laisser Thiès dont il est la tête de liste départementale lui filer entre les doigts. De toute façon, il y est le favori en tant que président du Conseil départemental et même le maire puisque c’est sa coalition qui l’avait remporté en 2014 face à Bby. Une confirmation départementale lui permettrait de rester dans la course. Mais Macky Sall espère, à défaut de lui chiper la commune, prendre les deux sièges. Le cas échéant, Idy peut (encore) craindre un improbable «5ème Président» après l’échec de 2012.
Malick Gakou, comme Idrissa Seck, a choisi d’y aller avec le maire de Dakar. Seul un contrôle de Guédiawaye dont il est la tête de liste lui confèrera le qualificatif de «Grand parti». Il y tient absolument, mais rien n’est joué dans ce département qui est entre les mains de Benno bokk yaakaar. Même si Aliou Sall n’est pas candidat, si Mts rafle les deux sièges, Gakou pourrait prouver que Sall n’avait gagné en 2014 qu’en l’absence d’adversaire. Et il pourrait rejoindre le cercle des Présidentiables. Une défaite serait en revanche une démotivation pour lui.
Abdoulaye Baldé, lui, a l’obligation de conserver «son» Ziguinchor au moins. Et ce serait un laisser-passer pour 2019, si tant est qu’il veut vraiment être Kaddu askan wi (la voix du Peuple). Il a besoin aussi de ne pas donner raison à ceux qu’il avait lâchés à Manko wattu senegaal originel et qui le soupçonnaient de se rapprocher de Macky Sall.
Abdoul Mbaye devra régler ses comptes avec Macky Sall et sa coalition qui lui ont arraché nombre de ses investis en pleine campagne. Sinon, il participera à la Présidentielle pour autre chose que prendre le fauteuil le plus convoité. Un éventuel échec serait un mauvais Act pour quelqu’un qui veut Joyyanti (redresser) et occuper la station «idéale», après la «station primatoriale», comme le disait un autre ancien Premier ministre.
Ousmane Sonko peut être classé dans le même lot que Abdoul Mbaye. Lui aussi voudrait bien régler ses comptes à Macky Sall qui l’a radié. Mais il faudra d’abord récolter quelques députés pour peser dans la balance des poids lourds. Il peut, lui aussi, compter sur cette victimisation qui, malheureusement, ne marche pas à tous les coups. Et cela voudrait dire qu’il n’aura pas convaincu assez de Ndawi askan wi (les jeunes).

Aïssata Tall Sall, elle, pourrait bien perdre le département de Podor, mais a le devoir de se sauver dans sa commune et sur la Proportionnelle. Pour, comme Khalifa Sall, relever le défi qu’elle s’est fixée «d’Osez l’avenir» en dehors du Ps et loin des ailes de Tanor. Si elle n’y parvient pas, elle devra se rendre compte que les Sénégalais ne sont pas encore prêts à élire une femme.
Aïda Mbodj aussi ne peut espérer Suxali (développer) le Sénégal que si elle confirme que Bambey lui reste fidèle. Elle a besoin de le prouver puisqu’elle a perdu la présidence du Conseil départemental pour cumul de plus de deux mandats. Si Bby arrache les deux sièges et, même la commune, après le récent départ de «son» maire, Gana Mbaye, elle aura du mal à songer à 2019. Mais surtout ses «frères» libéraux en riront pour longtemps.

 

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