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Le procureur de la République, conformément aux instructions du président de la République, a saisi d’une part, la Division des investigations criminelles (Dic) de la Police nationale et d’autre part, la Section de recherche de la Gendarmerie nationale aux fins de mener «une enquête complète et approfondie» sur l’affaire Bbc-Aliou Sall-Petro Tim. Et à en croire Serigne Bassirou Guèye, qui faisait face à la presse hier, cette enquête ne laissera personne de côté. Selon le procureur de la République, toutes les parties seront entendues afin de permettre de faire la lumière sur ce qui est devenu un gros scandale d’Etat.
L’occasion faisant le larron, le procureur de la République a aussi évoqué le dossier de l’Ofnac relatif aux détournements au Coud et celui de feu l’étudiant Fallou Sène. Il a promis de diligenter ces dossiers afin d’éclairer la lanterne des Sénégalais.

«Depuis quelques mois pour ne pas dire quelques années, beaucoup de rumeurs, beaucoup de commentaires, beaucoup d’accusations et beaucoup de dénonciations ont été notés se rapportant aux contrats pétroliers et gaziers signés par le Sénégal. C’est ainsi que soucieuses d’éclairer la lanterne des Sénégalais et des Sénégalaises, les autorités nous ont instruits d’ouvrir une enquête sur les faits.
Donnant suite à cette préoccupation et aux préoccupations de l’ensemble des citoyens, j’ai saisi d’une part, la Dic (Division des investigations criminelles) et d’autre part, la Section de recherche de la Gendarmerie nationale. A la Dic, nous avons donné des instructions aux fins de mener une enquête complète et approfondie sur la réalité ou non de toutes ces accusations de malversation, de conflits d’intérêts.
A la Section de recherche de la gendarmerie, nous avons demandé de mener des investigations pour situer les responsabilités dans la divulgation du rapport de l’Ige (Inspection générale d’Etat) sur la question qui ne serait même pas portée à l’attention des autorités.
A partir de ce moment déterminé, je voudrais inviter tous les sachant, tous ceux qui détiennent des informations, des documents, des renseignements, à s’adresser à la Dic pour éclairer les Sénégalais sur cette question.
J’invite avec une particulière insistance tous ces grands connaisseurs des affaires du pétrole et du gaz sénégalais, tous ces fins spécialistes et analystes du pétrole et du gaz à rediriger leurs efforts et leurs documents à la Dic. C’est là qu’utilement l‘enquête pourra progresser et permettre aux Sénégalais d’avoir la lumière sur ce dossier.
Vous aviez raison quand vous disiez que la balle est dans le camp du procureur. Je l’avoue mais aujourd’hui, la balle est dans votre camp. Les enquêteurs vous attendent. Le chef de la Dic a été instruit par nos soins de n’épargner personne, de ne négliger aucune information, de ne sous-estimer aucun témoignage, de ne laisser en rade aucun document. En somme de prendre en charge toutes les pistes qui sont susceptibles de mener à la manifestation de la vérité. Les enquêteurs vous attendent pour que les efforts de clarification quittent les médias et les réseaux sociaux pour aller alimenter utilement l’enquête.
Tous ceux qui sont détenteurs de contrats ou de précontrats pourront aller au niveau de la Dic. Aujourd’hui, il n’y a plus d’excuse. La Dic est saisie. Aucune personne ne sera épargnée. Aucun document ne sera négligé. Aliou Sall et Franck Timis seront entendus. L’enquête ne serait pas sérieuse si Aliou Sall et Frank Timis ne seraient pas entendus. Quand les faits sont établis, les coupables seront poursuivis. Je crois que Thierno Alassane Sall, Ousmane Sonko, Abdoul Mbaye n’attendront pas une convocation. Je crois qu’ils viendront. Je ne peux pas envisager qu’ils ne vont pas faire leur déposition à la Dic. S’ils ne vont pas, nous allons apprécier. On ne peut forcer personne à donner un témoignage. Mais je crois qu’ils seront là-bas.
La journaliste de Bbc sera entendue. Si elle décide de venir spontanément témoigner nous lui en serons gré. Si elle ne le fait pas, elle recevra sa convocation. Je crois qu’on ne peut pas négliger cette piste.»

Affaire des 94 milliards
«Dans cette plainte, il est dit que l’auteur a mis huit mois pour enquêter. Nous avons pris notre temps. Mais entre-temps, l’Assemblée nationale s’est saisie de l’affaire. Pour ne pas faire désordre, nous attendons que l’Assemblée nationale finisse son travail et le moment venu, nous aviserons. Je tiens juste à préciser que ce n’est pas Ousmane Sonko qui nous a saisis, mais c’est plutôt le parti Pastef qui nous a saisis.  La plainte porte l’entête de Pastef. La signature est du président de Pastef. De toute façon, nous tenons à ce que la lumière soit faite sur ce dossier. Nous attendons que l’Assemblée nationale termine son travail pour apprécier.»

Dossier du Coud
«Lors de mes points de presse précédents, à chaque fois, la question relative aux dossiers de l’Ofnac (Office national de la lutte contre la fraude et la corruption) et principalement celui du Coud (Centre des œuvres universitaires de Dakar) est revenue. Ce que je peux dire c’est courant 2015, l’Ofnac a été saisi de dénonciation anonyme relative à de prétendues malversations au niveau du Coud. En résumé à la fin de leur enquête, les enquêteurs et notamment le directeur de l’enquête a retenu le prétendu détournement sur deux montants essentiellement. Un montant de 127 millions 837 mille 530 francs Cfa qui pour lui, pouvait être imputé au commissaire-priseur qui était chargé de vendre le matériel réformé du Coud. Un montant de 82 ou 89 millions selon les pages du rapport qu’il estime pouvoir être imputé ensemble au directeur de l’époque du Coud, au chef du service de l’approvisionnement et à l’agent comptable du Coud.
Je voudrais ainsi féliciter les efforts des enquêteurs qui ont mené cette mission. Cependant, force est de reconnaître que l’exploitation du rapport nous a mis en face de difficultés assez sérieuses. Je vais vous donner lecture utile de la 11e  et dernière page de l’exemplaire numéro 1 du rapport original qui a été effectué. Je peux le faire sur le fondement de l’article 11 du Code de procédure pénale.
L’enquêteur dit relativement au détournement des 82 millions, ‘’les responsables sont le directeur du Coud, le régisseur chef du service d’approvisionnement et l’agent comptable’’ et il situe les responsabilités. Il dit : ‘’Le chef du service de l’approvisionnement a encaissé l’argent auprès de l’agent comptable et a effectué les dépenses.’’ Vous vous rendez compte à partir du moment où le rapport qui impute le détournement finit par établir que l’argent a été reçu et dépensé.
Il me semble qu’il y a des choses à préciser. Mais la difficulté ne se situe pas seulement à ce niveau. L’autre difficulté est due au fait qu’en matière judiciaire, il y a un principe sacro-saint en matière pénale du contradictoire.
De ce point de vue, je peux vous affirmer en ce qui concerne le montant de 127 millions, la personne sur qui pèse la charge a été entendue. Elle a donné ses explications et ses arguments qu’elle estime devoir pro­duire. Cependant, relativement au montant de 82 ou 89 millions, le directeur du Coud à qui le montant est imputé n’a malheureusement pas été entendu. Le rapport ne lui a pas encore été communiqué de même que les personnes en charge d’exécuter ledit marché. C’est sur cette base que nous avons décidé de faire un retour du rapport à l’envoyeur pour que le principe du contradictoire soit respecté. A l’issue, je reviendrai ici pour vous parler de l’ensemble des dossiers de l’Ofnac qui sont au nombre de 17.
Deux rapports viennent de nous être communiqués et ils seront pris en charge.»

Décès Fallou Sène
«Le décès de Fallou Sène a été porté à l’attention du procureur de Saint-Louis. Après enquête, ce dernier m’a transmis le procès-verbal numéro 535 de la brigade territoriale de Saint-Louis. Comme vous le savez, quand un militaire dans l’exercice de ses fonctions est suspecté d’avoir commis une infraction, il y a un formalisme particulier. C’est pour cette raison après le temps long ou court c’est selon pris par le Parquet de Dakar pour traiter cette question de façon très professionnelle, nous avons soumis aux autorités de la gendarmerie une demande d’ordre de poursuite.
L’ordre de poursuite nous est parvenu il y a quelques jours. Dès demain, je saisirai le commandant de la brigade prévôtale pour poser l’acte suivant de la procédure. Le moment venu vous serez édifiés. La procédure suivra son cours. Comme il en a été à Pikine Guédiawaye où mon collègue procureur a soumis au juge d’instruction de cette juridiction le dossier concernant la mort de Saliou dit Pape. Dossier pour lequel, les trois personnes qui étaient déférées ont été inculpées et placées sous contrôle judiciaire.»

justin@lequotidien.sn 

1 COMMENTAIRE

  1. Quand le procureur de Macky convoque d’autres dossiers, là commence la diversion! Il s’y ajoute ses tentatives répétées de nous opposer un certain temps de la Justice, de sa justice à sa hiérarchie et à lui OUI! Ce qui vwut dire que le Peuple devra s’attendre à beaucoup de tenps avant le dénouement de cette affaire hautement prioritaire & vitale, parce que là oú le Qatar assiste son peuple, le Sénégal pourrait, nous disposons de plus de Réserves, là est le Débat! avec le délit d’initié de Macky qui se trouve etre le principal présumé responsable.

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