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D’après les résultats de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) qui ont fait l’objet de restitution jeudi à Saly, les usagers des Systèmes financiers décentralisés (Sdf) font plein de reproches au secteur.

Le secteur de la microfinance, malgré sa vitalité, fait souvent l’objet de nombreuses critiques de la part des usagers. Une enquête de satisfaction menée par l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) auprès des usagers des Sdf, qui a fait l’objet d’un atelier de restitution et de partage jeudi à Saly, présidé par Mme Zahra Iyane Thiam le ministre de la Microfinance, de l’économie solidaire et sociale, le démontre à suffisance. Selon les résultats de l’enquête, 21 points de reproche ont épinglé les Sfd et risquent de fragiliser le développement de l’inclusion financière et découragent les Sénégalais à aller commercer ou travailler avec les Sfd. Parmi ces 21 points, le secrétaire exécutif de l’Oqsf cite le problème du coût des services, le taux d’usure appliqué estimé à 25%, le taux d’emprunt qui peut aller jusqu’à 28%. Ce qui, selon Habib Ndao, est énorme pour une population fragile, vulnérable. A ces griefs, M. Ndao ajoute le déficit d’information, la nature de la caution et des garanties qui sont demandées aux sociétaires qui sont déjà financièrement fragiles, le changement de la mission initiale de la microfinance qui était sociale, mais aujourd’hui devenue une mission de rentabilité comme les banques. C’est pourquoi l’accès et la tarification sont devenus plus difficiles maintenant. Il souligne aussi les méthodes de recouvrement qui sont archaïques, humiliantes et sauvages, ce qui compromet l’inclusion financière.
A ce propos, assure Zahra Iyane Thiam qui présidait l’ouverture de cet atelier, avec le faible taux de bancarisation strict qui ressort à 18,97% à fin décembre 2018, la microfinance apparaît aujourd’hui comme un vecteur efficace pour renforcer l’inclusion financière, dans la mesure où elle favorise un accès d’un plus grand nombre d’agents économiques à des services financiers diversifiés et à moindre coût.
Cette enquête a pris en compte une bonne partie de nos préoccupations, s’est félicité Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des clients et sociétaires des institutions financières (Acsif). Qui n’a pas manqué d’évoquer le problème de la qualité de service des Sfd. «Il faut que les institutions de microfinance s’adaptent à la nouvelle technologie qui est l’intelligence artificielle. Nous sommes dans un monde de digitalisation, donc ces outils devraient être mis à la disposition des clients pour leur faciliter leurs transactions», recommande M. Cissé.
Ces résultats de l’enquête de satisfaction ont été partagés avec la Bceao, l’Etat, les professionnels des Sfd et les associations de consommateurs. A en croire le secrétaire exécutif de l’Oqsf, après avoir bouclé l’enquête sur le plan technique, les échanges et le partage avec les acteurs permettront de ressortir ce qui est utile et les recommandations seront données à l’Etat et au régulateur.
En fin mars 2019, «le secteur compte un effectif de 303 Sdf en activité et un nombre de 907 points de services. Les dépôts ont atteint 345 milliards de francs Cfa au premier trimestre 2019. Le taux brut de créances en souffrance se situe à 5,5%. Le sociétariat des Sdf a atteint 3 millions 133 mille 820 en fin mars 2019. Le taux de pénétration du secteur mesuré par le ratio entre le nombre de comptes dans les Sdf et la population totale s’établit à 19,8% au 31 mars 2019», a souligné le ministre Zahra Iyane Thiam.
abciss@lequotidien.sn 

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