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Le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) a lancé hier une enquête sur les coûts économiques au Sénégal des maladies liées au tabagisme. Cela, pour mieux évaluer les taxes à appliquer sur les produits du tabac afin de décourager sa consommation.

Pour décourager la consommation du tabac, le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) a lancé hier une enquête sur les coûts des maladies liées au tabagisme. La recherche qui va durer trois mois et dont les résultats sont attendus dans les six prochains mois va porter sur 15 hôpitaux dans les régions de Dakar et de l’intérieur du pays. «Nous pensons que nous aurons un échantillon assez représentatif qui nous permettra par la suite de faire une extrapolation à l’échelle nationale vu que ce sont ces hôpitaux qui accueillent le plus des malades victimes du tabagisme», explique le président du Cres en marge de l’atelier de lancement de l’axe de recherche sur les coûts économiques du tabac au Sénégal. Pour Abdoulaye Niang, l’un des moyens les plus efficaces pour réduire la consommation de tabac reste l’augmentation des taxes sur ces  produits. «Cette augmentation ne peut passer que par une taxation forte  et régulière», plaide-t-il. Pour fixer les niveaux de taxation, explique M. Niang, il est nécessaire de connaître d’abord les coûts du tabagisme. C’est dans cette perspective que le Cres évalue d’abord les dépenses faites par les malades, l’Etat, mais aussi la société pour la prise en charge des maladies liées au tabagisme. Ce qui va lui permettre d’avoir des indications précises sur les niveaux de taxation qu’il faudrait pour couvrir au moins une partie de ces coûts, mais aussi d’avoir de nouvelles preuves des méfaits du tabagisme en montrant les dépenses qu’il fait supporter à l’Etat, à la société et au-delà des victimes, leurs familles.
Il s’agira, une fois les coûts connus, de les mettre en relation avec les recettes que tirerait l’Etat de la vente de produits tabagiques ou des salaires qui seraient perçus par quelques centaines d’employés de l’industrie du tabac afin de montrer que cette industrie «est une perte sèche pour la société». «On ne gagne rien dans l’expansion de l’industrie du tabac», a déploré M. Niang.

Le tabagisme est l’un des plus grands fléaux qui frappent l’humanité. En effet, selon le nouveau rapport mondial, publié au début du mois de janvier 2017 par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et le National cancer institute des Etats-Unis d’Amérique, on compte dans le monde 1,1 milliard de fumeurs de tabac âgés de 15 ans et plus, dont 80% environ vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Plus de 6 millions de décès par an dans le monde sont dus à ce produit, d’après l’Oms. Et si rien n’est fait, ce chiffre risque de passer à 10 millions en 2020. «80% des morts se trouvent dans les pays en développement, notamment en Afrique», a déploré le président du Cres.
ksonko@lequotidien.sn

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