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Près de 45% de Sénégalais ne mangent pas à leur faim. L’enquête réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) qui révèle cet état de fait indique des chiffres sur le niveau de pauvreté des ménages.

44,9% des Sénégalais sont frappés par l’insécurité alimentaire. C’est l’une des conclusions d’une enquête sur le niveau de vie des populations, réalisée en 2016 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). L’étude dénommée «A l’écoute du Sénégal» ou «Listen to Senegal» en anglais (L2s) s’est basée sur un échantillon de 1 500 ménages. Elle note que 33,7% des foyers à Dakar ne garantissent pas de manière permanente l’accès à une nourriture à la fois sur le plan qualitatif et quantitatif. Si dans les centres urbains le taux est de 38,4%, l’Ansd relève que 54,8% des ménages en milieu rural flirtent avec l’insécurité alimentaire. Concernant le patrimoine des ménages, l’enquête qui se fait par voie téléphonique révèle que 47,19% des Dakarois sont locataires du logement occupé contre 20,1% au niveau national.

Fort taux de pauvreté en milieu rural
Par contre 45,55% des populations vivant dans la capitale sénégalaise sont propriétaires de leur logement contre 73,1% au niveau national. Dans les services sociaux de base, les enquêteurs soulignent que le taux d’accès à l’alphabétisation pour la tranche d’âge 15 ans et plus est de 72,1% à Dakar et 39% en milieu rural. Globalement, relève-t-on, le Sénégal affiche un taux d’alphabétisation de 52,9%. S’agissant des ménages consommant l’eau de robinet, l’Ansd a constaté un taux de 98,77% à Dakar et 78,08% en milieu rural. Pour l’accès à l’électricité, l’enquête révèle un fossé entre Dakar et les zones rurales. En effet, au moment où la capitale assure un taux de 96,1% de ses ménages en électricité, les ruraux se morfondent dans l’obscurité avec 32,4%. En somme, cette plateforme donne un aperçu sur le niveau de pauvreté des Sénégalais. A Dakar, 38,2% des ménages se considèrent comme pauvres tandis que le chiffre est de 69% en milieu rural. «C’est plus de la perception. On a donné la parole aux ménages pour dire dans quelles conditions ils vivent. L’objectif est d’aider les autorités à les améliorer en mettant sur la table des statistiques fiables et collectées dans les meilleurs formats possibles», explique Macoumba Diouf, responsable du Bureau suivi des conditions de vie et de la pauvreté à l’Ansd.
En fait, L2s est un projet du groupe de la Banque mondiale et réalisé par l’Ansd. Son objectif principal est d’assurer un suivi plus rapproché des politiques et programmes de développement initiés par les autorités et destinés à améliorer les conditions e vie des populations. «Chaque mois, nous appelons les ménages en leur posant des questions qui peuvent parfois être sensibles. Par exemple, sur la dépense quotidienne, s’ils ont eu des difficultés à subvenir à des besoins de première nécessité etc. Mais nos téléenquêteurs sont bien formés pour enlever tout risque de réponses biaisées. Mais les ménages ont bien compris les enjeux. Et il y a une participation très appréciée. Nous n’avons aucun doute que les réponses que nous recevons sont fiables», a indiqué Ababacar Sadikh Bèye, directeur général de l’Ansd.
bgdiop@lquotidien.sn

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