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L’emploi dans le secteur informel est un vivier de la solidarité familiale et de celle communautaire. C’est en majorité des personnes apparentées aux initiateurs des unités de production qui fournissent la main-d’œuvre de ces structures. Cela explique le niveau élevé de manque de formation que l’on note dans ces boîtes et le faible niveau d’hygiène et de confort qu’offrent certaines de ces structures. Mais ces points ne constituent pas l’essentiel dans ces Upi, comme relevé par l’enquête de l’Ansd sur l’emploi et le secteur informel.

Même dans le secteur informel, l’emploi salarié est sujet à de nombreux aléas. D’abord, pour ceux qui cherchent à s’établir à leur propre compte, peu sont ceux qui peuvent recourir à une banque ou à des structures formelles susceptibles de leur prêter de l’argent. L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), dans sa dernière Enquête régionale sur l’emploi et le secteur informel (Eri-Esi), dont les données datent de 2017, souligne que les personnes qui veulent démarrer une activité économique sont obligées, soit de s’intégrer dans un système de tontine ou de faire de l’épargne. C’est le cas de près de 60% de dirigeants d’Unités de production informelles (Upi) à Dakar, ou de 57% d’entre elles sur l’ensemble du pays. Un petit nombre (19,8%) est obligé de recourir à des prêts auprès des amis ou de la famille.
L’emploi informel qui repose en premier lieu sur la solidarité familiale et sociale perpétue ladite solidarité dans l’utilisation des ressources humaines. Cela se reflète sur le nombre d’employés plus ou moins apparentés aux dirigeants de ces Upi. Ils sont près de 80% sur l’ensemble du pays et un peu moins de 70% rien qu’à Dakar. Et quels que soient les types d’activités, le pourcentage de femmes n’y est pas négligeable. Pour l’ensemble du pays, elles constituent même une main-d’œuvre majoritaire (51,3%), un taux bien supérieur à celui de l’agglomération dakaroise où cette main-d’œuvre féminine n’est que de 41,5%. Celle dans l’informel est bien plus importante dans les autres zones urbaines et dans le monde rural. Cela n’est presque pas étonnant, si l’on sait que les femmes chefs d’entreprises informelles constituent 61,9% de la population générale.
La précarité de l’activité informelle s’explique aussi par le faible niveau de formation de ses dirigeants. L’enquête Esi-Eri souligne que seuls 2,7% de la main-d’œuvre totale de ces Upi ont une formation quelconque, un taux légèrement plus faible à celui de la capitale où le pourcentage est de 4,1%.
Les conditions d’installation de ces structures économiques ne sont pas non plus évidentes, quand on remarque que seuls 31,9% des Unités de production informelles disposent de latrines. Ce pourcentage monte à 30% d’unités qui disposent d’électricité. C’est dire que les difficultés que connaissent les Unités de production du secteur informel tiennent aussi pour beaucoup à leur mode d’installation et la formation de leurs initiateurs. Cela se remarque également par la faiblesse de leur valeur ajoutée industrielle comme financière.

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