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85%, c’est le taux d’échec de l’immigration irrégulière par voie maritime qui a repris après quelques années d’accalmie. L’Oim qui a réalisé une étude au Sénégal pour trouver les raisons de la reprise de ce parcours migratoire, informe que malgré le taux d’échec élevé, les jeunes sont toujours prêts à tenter cette aventure dangereuse.

Constatant que le parcours migratoire par voie maritime a repris son rôle passé, l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) a fait une étude sur les «Nouvelles dynamiques migratoires au Sénégal». Cette étude réalisée dans les zones côtières de Saint-Louis, Dakar et Ziguinchor s’est interrogée sur la reprise de la migration irrégulière par voie maritime, les mécanismes utilisés, les personnes concernées. Lors de la restitution de ces recherches, le coordonnateur de ce projet a fait savoir que l’étude a montré que 85% des candidats ayant opté pour cette voie ont échoué. Cet échec est dû au fait que les embarcations sont obligées de faire demi-tour ou elles échouent au niveau des côtes marocaines. D’après Cheikh Mbacké Sène, seuls 15% des candidats à l’immigration sont parvenus à atteindre les côtes espagnoles. Malgré ce taux d’échec élevé, 48% des migrants envisagent de repartir. Là aussi, la raison est la même, ils ne voient pas d’autres alternatives pour réussir. En outre, l’étude réalisée par l’Oim montre également qu’à leur retour ces migrants ayant tenté cette aventure sont dans une situation économique difficile aussi bien pour eux que pour leurs familles. L’étude rappelle que l’initiative de tenter cette aventure peut être individuelle mais aussi collective dans le cas où c’est la famille qui finance le voyage.
Par ailleurs, il faut noter que 55% des candidats à l’immigration ont déjà tenté une fois l’aventure, et 31% au moins deux fois. S’agissant du profil des candidats, M. Sène souligne que ce sont pour la plupart des jeunes avec un niveau d’études moyen. Les raisons qui les poussent à tenter ce voyage incertain n’ont pas changé. C’est toujours lié aux difficultés économiques et à la pression sociale. Les mécanismes aussi sont les mêmes : soit en groupe les candidats s’organisent et prennent leur propre embarcation, ou bien il y a un passeur ou propriétaire de la pirogue qu’ils vont payer pour effectuer le voyage.
Revenant sur le contexte de cette étude, l’Oim explique qu’à partir «de 2011, la route de méditerranée centrale (itinéraire terrestre passant par le Niger, l’Algérie et la Libye à destination de l’Europe) s’est progressivement imposée comme une alternative pour les candidats à la migration irrégulière suscitant beaucoup d’attention de la part des gouvernements d’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires». Toutefois, souligne l’organisation dans un document, «entre 2017et 2018, l’Espagne, avec 45% de toutes les arrivées en 2018, est devenue la première destination en termes d’arrivées irrégulières devant l’Italie (Oim, urgences humanitaires, migrants manquants, 2018)». Cette situation fait dire à cette organisation qu’il «semblerait que les conditions dangereuses du voyage et le renforcement des contrôles au niveau des pays de départ, de transit et destination, aient amené à une recomposition des parcours migratoires et que la voie maritime reprenne son rôle passé». Cette étude réalisée donc dans ce contexte permet «de comprendre et d’expliquer cette nouvelle tendance et ses implications sur la migration en Afrique de l’Ouest». Elle fournit également «aux différents acteurs intervenant dans la migration des informations pertinentes sur l’évolution des parcours migratoires, des profils des migrants et des besoins afin de mieux adapter les actions».

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