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Le sureffectif dans les universités publiques a, depuis 2012, poussé l’Etat du Sénégal à revoir sa politique d’orientation des bacheliers sénégalais dans les établissements d’enseignement supérieur qui dépendent de son autorité. Aujourd’hui entre 40 000 et 50 000 étudiants fréquentent ces établissements d’enseignement supérieur privé. Parmi ceux-ci, près de 20 000 ont été orientés par l’Etat du Sénégal compte non tenu du nombre que doivent constituer les bacheliers de 2016.
Une nouvelle donne qui est à la base d’une prolifération exponentielle des établissements d’en­­sei­gnement privé du Sénégal, pour éviter de tomber dans des situations extrêmes, la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (Fepes), qui regroupe plus de 60 établissements, a organisé ce week-end, un séminaire de deux jours pour se pencher sur l’assurance-qualité.
Le président de cette fédération, Mamadou Diop, qui est revenu sur les objectifs de cette rencontre, a déclaré que  la Fepes veut être une force d’actions et de propositions en partenariat avec les  autorités de tutelle pour pousser l’enseignement supérieur privé vers le som­met. «Nous voulons au-delà être le hub dans la sous-région ou en Afrique étant entendu que nous recevons plus de 40 nationalités dans nos établissements venant de tous les pays africains même de l’Europe», souhaite M. Diop.
Revenant sur la prolifération des universités privées qui pose un problème de qualité, il dira que «c’est un faux débat, parce qu’il y a trop peu d’écoles». «Pour les besoins de formation pour  l’émergence du Sénégal, il nous faut au moins plus de 200 000 bacheliers par année et près d’un millier d’établissements privés pour prendre en charge la formation des jeunes d’aujourd’hui et de demain, parce qu’il  y a un boom démographique. La plupart de nos établissements ont des accréditations Cames et Anaq-Sup», a soutenu M. Diop.

Des universités de qualité pour des ressources de qualité
Représentant Pr Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseigne­ment et de la recherche, à cette rencontre, le directeur général de l’Enseignement supérieur, Pr Babacar Guèye, s’est félicité des enjeux énormes de cette rencontre. «L’assurance qualité est devenu incontournable dans le monde de l’enseignement supérieur. Si nous voulons fournir des ressources humaines de qualité, il nous faut asseoir des universités de qualité mais également des programmes de qualité. Je pense que la mise en place de l’autorité nationale d’assurance qualité par le Gouvernement du Sénégal entre dans ce cadre. Nous avons besoin de ces établissements d’enseignement supérieur privé forts, ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui 30% de nos étudiants soient dans ces universités», a-t-il indiqué.
Tout de même Pr Babacar Guèye a constaté que les enseignements du supérieur privé sont trop concentrés sur le tertiaire. C’est pourquoi il a lancé un appel à ces établissements. «Au sortir du premier conseil présidentiel sur l’enseignement, la première recommandation c’est de réorienter le système vers  les Stim à savoir les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. Et, l’enseignement supérieur privé au Sénégal est un peu en retard par rapport à ça parce que trop centré sur le tertiaire. Et, nous voulons qu’il se réajuste et qu’il aille vers ces secteurs. Certes ils ont des arguments en nous disant que les équipements pour enseigner les sciences coutent cher, mais c’est un argument insuffisant. Il faut se tourner vers ça, car c’est l’avenir, surtout qu’au Sénégal l’odeur du pétrole commence à sentir. Donc, il faut une ressource humaine endogène pour éviter que d’autres viennent le faire à notre place», a souligné Pr Babacar Guèye.

100 diplômes reconnus par l’Anaq-Sup
Quant à l’Anaq-Sup, représentée par son Secrétaire exécutif, Pr Papa Guèye, depuis l’installation  de cette structure en termes d’évaluation, plus de 100 diplômes ont été reconnus. «On évalue les établissements pour donner un avis au ministre, à la Direction générale pour habiliter ou pas, on évalue les établissements pour reconnaitre leur diplôme, c’est-à-dire nous faisons l’accréditation», renseigne le Secrétaire exécutif de l’Anaq-sup. Qui ajoute : «Pour ce qui concerne les agréments, nous le faisons depuis 3 ans. En ce qui concerne les diplômes, depuis deux ans, nous avons commencé à les évaluer sur leurs diplômes publics comme privés et nous en avons évalué 100 diplômes. Aujourd’hui depuis 2015, le président de la République a pris un décret qui fait que les diplômes reconnus par le Cames et accrédités par l’Anaq-Sup sont des diplômes reconnus par la fonction publique.»
abciss@lequotidien.sn

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