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Cette année, sur 54 mille demandes d’orientation, l’Etat a déjà orienté 49 mille bacheliers dans les universités publiques. L’annonce a été faite samedi par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation lors du vote du budget de son département à l’Assemblée nationale. Il a dans la foulée promis la livraison de l’Ussein et de l’Uamm dans 18 mois.

Cette année, l’Etat a pris l’option d’orienter tous les bacheliers dans les universités publiques. A la date du samedi 7 décembre, ils sont 49 mille sur les 54 mille demandeurs à être orientés dans l’un des établissements publics d’enseignement supérieur. Soit 15 mille de plus par rapport aux effectifs de l’année dernière. Parmi eux, ils sont 8 629 à être acceptés à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) à leur demande. Cependant, il y a encore 4 000 en attente dont 1 000 bacheliers en arabe qui seront redistribués dans ces structures où 9 000 places sont encore disponibles. Cette nouvelle orientation relance le débat sur les capacités d’accueil qui sont déjà dépassées dans les universités même s’il a annoncé que l’Université Gaston Berger de Saint-Louis va être dotée de 2 000 lits supplémentaires d’ici la fin du mois. En outre, le ministre a affirmé que les Universités Amadou Makhtar Mbow de Diamniadio (Uamm) et El Hadji Ibrahima Niass du Sine Saloum (Ussein) seront réceptionnées dans 18 mois. «C’est la première fois en Afrique qu’on lance une université avec des effectifs de 30 mille étudiants. L’Université de Dakar a démarré avec un effectif de quelques centaines de pensionnaires, à l’Université de Saint-Louis, c’était quelques milliers d’étudiants. Dans 2 ans, toutes les 14 capitales régionales du Sénégal seront, chacune, dotées d’un Institut supérieur de formation professionnelle.» Député du Pur, Issa Sall avance que «l’Univer­sité virtuelle, qui demeure somme toute une tendance mondiale, devrait être réservée, au Sénégal, aux étudiants de second cycle, à partir du Master. L’étudiant qui n’a pas une culture numérique, qui se voit orienter dans une université lui dispensant des cours à distance, peut avoir toutes les chances d’échouer». En écho, le ministre admet «que le fonctionnement de l’Université virtuelle du Sénégal se heurte à des difficultés».
M. Hann a annoncé qu’en janvier 2020, une large réflexion sur le modèle économique des universités sénégalaises sera tenue. Cette option de retourner vers le public ne peut pas en revanche occulter les différends avec les établissements supérieurs d’enseignement privé. Face aux députés, le ministre Cheikh Oumar Hann détaille : «A ce jour (samedi), nous avons payé plus de 46 milliards aux établissements privés. Nous restons leur devoir à peu près toute la facturation de 2018-2019 que nous évaluons autour de 10 à 12 milliards de francs Cfa. Dans les deux années qui restent pour l’extinction du système, nous considérons que nous restons leur devoir entre 8 et 10 milliards de francs Cfa. Si on regroupe tout cela, nous restons leur devoir à peu près plus de 25 milliards de francs Cfa. Ce qui fait que globalement nous serons autour de 70 milliards de francs Cfa à la fin de ce système», a-t-il répondu aux interpellations des députés sur l’état de la dette due aux instituts privés.

70 milliards F Cfa aux privés
Par ailleurs, le paiement des bourses constitue l’un des talons d’Achille du système. L’ex-directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) a confirmé que le paiement des allocations d’études démarrera au plus tard le 18 décembre prochain, comme indiqué par le directeur des Bourses, M. Lassana Konaté en réponse à la grève décrétée vendredi par les étudiants. «Le Sénégal, soutient-il, mobilise plus de 70 milliards de francs Cfa pour le paiement des bourses. Le gouvernement a octroyé au plan national plus de 101 mille bourses aux étudiants du Sénégal, au titre de l’année 2018-2019, soit plus de 70% des étudiants.» Et pour régler cette question récurrente, le député Toussaint Manga a proposé la suppression des bourses de sécurité sociale allouées aux familles démunies. «Et cet argent, dit-il, servira aux étudiants.» Alors que Aymérou Gningue assure «qu’une généralisation des bourses n’est pas soutenable et viable pour l’Etat». Pour lui, «l’attribution de ces allocations d’études doit être basée sur l’excellence et les conditions sociales des bénéficiaires». El Hadji Issa Sall regrette que le budget alloué à l’enseignement supérieur soit, pour l’essentiel, destiné aux «œuvres sociales» (70 milliards de francs Cfa pour les bourses d’études), au détriment des activités purement académiques. «Nous sommes en train de trouver les voies et moyens pouvant nous permettre d’y remédier», promet Cheikh Oumar Hann.
D’autres sujets ont glissé dans les débats. Sur l’écriture de l’Histoire générale du Sénégal, Mansour Sy Djiamil a encouragé le ministre à s’engager dans ce combat. «C’est l’affaire de l’université, ce n’est pas une affaire de famille», dit-il. D’autres parlementaires ont plaidé la libération de l’enseignant-chercheur Babacar Diop, placé sous mandat de dépôt à la suite d’une manifestation devant le Palais contre la hausse du prix de l’électricité.
Le budget du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation est arrêté à la somme de 203 milliards 227 millions 932 mille 514 francs Cfa en crédits de paiement pour 259 milliards 129 millions 548 mille 758 francs Cfa en autorisations d’engagement.

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