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En conférence de presse, hier  à l’Ucad, Malick Fall, Sg du Syndicat autonome de l’enseignement du supérieur (Saes) et les membres de son organisation, ont menacé de déposer un préavis de grève à la fin du mois de décembre si rien n’est fait pour améliorer la pension de retraite des enseignants du supérieur.

«Si rien n’est fait d’ici à la fin du mois de décembre, on déposera un préavis de grève avec un seul point : la matérialisation de l’accord sur la retraite.»  C’est une menace de Malick Fall, secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), lors d‘une conférence de presse que son syndicat a tenue hier au sein de l’Ucad. Pour le nouveau Sg du Saes, la revendication repose sur la matérialisation de l’accord conclu avec le gouvernement et qui concerne l’amélioration de la pension de retraite des enseignants du supérieur. Cet accord, qui stipulait, entre autres, l’autonomisation du Fonds national de retraite (Fnr), la mise en place d’un second pilier (retraite complémentaire) et d’un nouveau processus de suivi et de pilotage du système de retraite, avait été en effet déjà validé par les services techniques du ministère de l’Economie et des finances. Et selon M. Fall, il ne restait plus qu’à les consolider par la conférence sociale. Mais, dit-il, cette conférence initialement prévue le 23 juillet dernier, sera reportée au 29 juillet pour finalement ne jamais se tenir. «Nous avons cherché à connaitre la date précise de la prochaine tenue mais la seule réponse qui nous a été servie est qu’elle se tiendra au mois de décembre qui malheureusement est en train de tirer à sa fin sans que nous soyons édifiés», a déploré M. Fall. A l’en croire, le Saes restera plus que jamais «ferme et intransigeant» sur cette question de retraite qui, au-delà d’être fondamentale,  fédère tous les enseignants. «Si les enseignants sont prêts à se mobiliser pour aller en mouvement, c’est bien la question de la retraite», dit le professeur Malick Fall qui, par ailleurs, relève «la situation dramatique» dans laquelle vivent les retraités du Sénégal. «Cette problématique de retraite est commune à tous les travailleurs et fonctionnaires du Sénégal. Les gens partent à la retraite dans des conditions extrêmement difficiles avec un âge avancé, une santé fragile et des pensions dérisoires. Rongés par le stress, la maladie et la déprime, ils finissent par mourir», confie le professeur qui espère une retraite décente.
Entonnant la même rengaine, Moustapha Sall, Sg adjoint du Saes, a souligné l’angoisse qui sévit dans le milieu des enseignants du supérieur. Ces derniers, renseigne-t-il, peuvent percevoir jusqu’à 1 million 300 mille F Cfa en activité contre 200 mille ou 250 mille F Cfa durant leur retraite. «Comment quelqu’un peut vivre avec cet écart ?», s’interroge-t-il. Par conséquent, les représentants syndicaux invitent l’Etat à de meilleurs sentiments puisque c’est la stabilité de tout le sous-secteur de l’enseignement qui en dépend. «Nous ne demandons pas à l’Etat de renflouer nos caisses de retraite, bien au contraire. C’est l’Etat qui a une dette envers nous. Nous ne demandons pas de l’argent, nous avons proposé de cotiser plus pour percevoir plus. Et cela rentre en droite ligne avec la vision du chef de l’Etat. Nous demandons qu’on commence à opérer les prélèvements qui doivent être faits sur nos salaires pour la pension de la retraite», avance-t-il. A côté, ils exhortent aussi l’Etat à se pencher sur la situation précaire des universités du Sénégal marquées par le déficit budgétaire, le défaut d’infrastructures et un manque criard de personnel enseignant.
aly@lequotidien.sn

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