PARTAGER

Les nominations de Me Aïssata Tall Sall ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur et Antoine Félix Diome comme ministre de l’Intérieur sont sans doute les entrées les plus remarquées dans le nouveau gouvernement. Me Tall Sall obtient ainsi une grande récompense après avoir soutenu contre toute attente le candidat Macky Sall à la dernière Présidentielle. Pour Antoine Félix Diome, c’est la réponse à la demande d’un ministre de l’Intérieur apolitique.

C’est la surprise du chef dans le nouveau gouvernement ! An­toine Félix Diome a été nommé ministre de l’Intérieur. Précé­demment agent judiciaire de l’Etat, il a été au cœur de plusieurs dossiers judiciaires. Le dernier en date, celui de la caisse d’avance de la mairie de Dakar pour lequel l’ex-édile de la capitale Khalifa Sall a été condamné avant de bénéficier d’une grâce présidentielle. Antoine Diome, c’était aussi le substitut du Procureur spécial près la Crei. La juridiction qui a jugé et condamné le fils du Président Abdoulaye Wade. C’est d’ailleurs lors de ce procès qu’il a été découvert par le grand public. Il est même présenté comme quelqu’un qui a joué un rôle important dans la procédure ayant conduit à la condamnation de Karim Wade. Dans cette affaire, il aurait aidé à débusquer «les comptes de ce dernier à Monaco, son patrimoine en France ou encore ses assurances au Luxembourg».
Entré dans la Magistrature en 2000, le nouveau ministre de l’Intérieur a été d’abord affecté au Parquet de Diourbel, avant d’être Substitut général près le Parquet général de la Cour d’appel de Dakar. De là, il devient délégué du procureur du Tri­bunal départemental de Gué­diawaye, avant de se retrouver comme second de Alioune Ndao au niveau de la Crei en 2012. Son dernier réquisitoire en tant que parquetier rompu à la tâche a été dans l’affaire Tahibou Ndiaye, l’ex-directeur du Cadastre. Comme Agent judiciaire de l’Etat, Antoine Diome a défendu les intérêts de l’Etat dans l’affaire de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar. Avec cette nomination à la tête du ministère de l’Intérieur, poste très stratégique, c’est un nouveau challenge qui se présente pour ce magistrat. Il permet à Macky Sall de satisfaire l’opposition, ainsi que les participants au Dialogue national qui demandaient un ministre de l’Intérieur apolitique.

Aïssata Tall Sall, première femme nommée ministre des Affaires étrangères
Une autre entrée dans le gouvernement, c’est celle de Aïssata Tall Sall. Le maire de Podor, ancienne membre du Parti socialiste, nommée ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, vient d’obtenir enfin sa «récompense» pour avoir soutenu contre toute attente le Président sortant lors de la Présidentielle de février 2019. Celle qui est sortie du Ps, parce que ne pouvant pas concevoir que le «grand et historique parti politique ne puisse pas présenter un candidat à l’élection présidentielle», a préféré créer son mouvement «Osez l’avenir». Elle avait fini par se fondre dans la masse en rejoignant Benno bokk yaakaar. Nommée en novembre 2019 envoyée spéciale du président de la Répu­blique, Aïssata Tall Sall qui était très active sur la scène politique s’est fait rare depuis qu’elle a rallié la mouvance présidentielle.
Ancienne porte-parole du Ps, elle a déjà été ministre de la Communication dans le dernier gouvernement du régime de Abdou Diouf, dirigé par Mama­dou Lamine Loum. Connue pour son éloquence et ses prises de position, cette avocate a été député Benno bokk yaakaar en 2012. En 2017, elle conduit la liste nationale de la coalition «Osez l’avenir» et est réélue député. Deux ans après, celle qui est surnommée «La lionne de Podor» va ranger son ambition de devenir la première présidente de la République du Sénégal pour soutenir Macky Sall dont elle avait critiqué le régime. Ayant essuyé une flopée de critiques après son ralliement-surprise, Me Aïssata Tall Sall avait tenu à répondre à ses détracteurs. Elle avait déclaré lors d’une conférence de presse à la veille de l’élection du 24 février 2019 : «Mes décisions politiques, je les assume en toute responsabilité. Personne ne me les dicte. Après mille analyses de la situation politique, moi-même, mon opinion personnelle était que je soutienne le Président Macky Sall. Non pas parce que j’ai reçu des pressions. J’ai beaucoup entendu parler de ça, que ce sont des marabouts qui m’ont dit, ce n’est vrai pas…» Finalement, peut-être que le ralliement a été une bonne chose pour Me Sall, puisque pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, le poste de ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur est occupé par une femme.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here